Exorciser mes vieux démons...

Des Polonais, des mouettes, de la Guinness et du quarter to two

(Petit concentré de ces derniers jours, après ça m'étonnerait que je décrive mon quotidien, hein...)
(Celui qui lit tout et trouve ça intéressant, je lui offre une Guinness virtuelle)
(Ou une vraie, remarquez... si vous me rendez visite!)
 
Musique de circonstance
(bourrée de positif même si c'est pas la meilleure version...) :
Murder the Stout - Whiskey in the Jar
 
Lundi.

Levée à l'aube à 6H pasque l'Américaine repartait dans sa campagne sauvage Outre-Pacifique. Toujours crevée. Je me suis forcée à avaler un petit déjeuner absolument dégueulasse histoire de pouvoir tenir jusqu'au soir sans bouffer. Je suis allée dans un cyber café pour checker mes derniers mails pour les apparts, et j' en ai visité un dernier. Galère à trouver, visite à la va-vite bâclée. Et pas franchement top. On retiendra juste la conversation avec un pépé Irlandais et son accent à couper au couteau qui m'a indiqué ma route.

Au final, j'ai pris l'appartement avec les Polonais. Pasque j'ai quand même eu un coup de coeur pour la baraque et l'endroit où elle est située (des photos, bientôt...). En plus elle est pas chère, elle est au calme et à deux minutes des bousses. Et pis ils sont cools aussi, les Polonais. Je serai donc avec une fille et trois mecs. J'avoue que je ne sais pas pourquoi c'est moi qu'ils ont choisi parmi toutes les visites qu'ils ont eues...
En un jour, j'ai donc trouvé mon appart, si ça c'est pas la classe quand même! Et même, j'aurai pu m'arrêter à ma première visite, puisque c'est le premier que j'ai visité. J'aurais pu emménager dès mardi si j'avais voulu, mais j'ai payé mon auberge de jeunesse pour 5 nuits. Et puis, c'est l'endroit rêvé pour rencontrer du monde et Temple Bar, c'est pas un endroit de merde dans Dublin. Y'a énormément de choses à voir ici.

Cet aprem, j'avais rien à faire, alors j'ai joué ma touriste. J'ai pris le DART (RER local) direction la mer à Howth. 40 minutes et on se retrouve à écouter le bruit des mouettes et des remous des vagues. Si ça c'est pas la classe non plus! Il faisait beau en plus, je me suis assise en contemplant la mer et en envoyant des textos sadiques.
Par contre, faut que je vous dise que j'ai fraudé pasque je m'étais gourrée de ticket. Je comptais sur ma chouette nationalité et ma capacité à paraître sincère pour berner les contrôleurs, si contrôleurs il y avait. C'est passé niquel.

Le soir, je suis sortie avec les deux Ecossaises. C'était leur dernier jour ici.
Je vous dresse quand même rapidement le portrait des deux filles. Elles partaient 3 jours, elle avaient quand même dans leur valise un fer à lisser, un sèche cheveux, et des tonnes d'accessoires divers et variés. Je me suis quand même demandé comment elles auraient fait si elles devaient partir un an.

En tout cas, elles étaient elles aussi super sympathiques. Elles étaient patientes devant ma non-compréhension de la langue de Shakespeare, et on a échangé nos coordonnées.
Nous sommes allées au pub. Blindé de monde, de la musique avec des vrais musiciens, une ambiance fantastique. Y'avait de toutes les nationalités ici. Les deux filles se faisaient draguer par le barman (moi perso, je comprenais quedal, alors j'ai pas pu jouer sur le charme naturel qui émane de ma personne quand je parle) (oh ça va, hein... j'ai droit de m'auto-complimenter, naméo). J'ai pris plein de coordonnées ce soir-là, et j'ai quand même du promettre au barman que je reviendrai. En même temps, il avait pas besoin de me faire promettre, j'ai bien l'intention d'y remettre les pieds. La bière est chère (la moins chère, c'est 5€60), et je suis même pas fan, mais rien que pour l'ambiance, ça vaut le coup d'y venir. Et pis faudra quand même que je goûte la Guinness!
Anecdote toute fois : J'ai parlé à une française et, en deux jours, j'avais tellement plus l'habitude de parler français que je calais des mots anglais dans ma conversation... Je crois que je vais revenir pervertie en France...

On est rentré claquées. Les Ecossaises se levaient super tôt le lendemain, moi je m'en fou je pouvais dormir. Dans l'auberge, y'avait une Allemande et une Canadienne en plus. La Canadienne est cool, l'Allemande, je la trouve pas super sympathique.

Mardi.

Je crois que je laisse des traces partout où je passe. On se souvient surtout de la fille rousse experte ès mimes avec un accent de merde qui essaye de se faire comprendre et qui essaye de comprendre ce qu'on lui dit.
Ce matin, re-sourire mi-moqueur du Monsieur de l'accueil quand je suis venue déposer mon ordi portable.
Au cyber café, j'ai mis dix minutes avec l'Irlandais asiatique pour enfin obtenir mes dix euros de surfing. Avec un clavier qwerty de merde, msn qui marche pas et maman Mona qui arrive pas à me parler.
Et ne parlons même pas de la nana du supermarché qui m'a vue débarquer avec mon tiers de baguette, mes tomates-cerises et mon jambon et mon fromage en tranches. Non, ça ne fait pas du tout Française qui ne veut pas rompre avec ses habitudes.

Aujourd'hui, j'ai (encore) fait ma touriste. Je commence à bien cerner le coin. Mon petit plan est resté dans ma poche pour une fois. Cet après-midi, j'ai décidé d'aller me dorer la pilule dans une salle de ciné. Faut quand même que je vous dise que c'est l'unique ciné que j'ai pu trouver ici. Idem pour les piscines, ils connaissent pas ici... Dans le ciné en question, pas beaucoup de choix de films, très peu de séances, et pas beaucoup de people non plus. Je suis donc allée voir Katherine Heigl dans "27 dresses", film que je ne serais pas allée voir si j'avais été en France, mais bon, les comédies, c'est pas forcément dur à comprendre. Je peux vous rassurer en vous disant que les prix sont aussi exorbitants qu'en France (merci la carte étudiante internationale qui m'a quand même fait économiser 3€50). Par contre, il faut savoir qu'ici, y'a pas de pubs. Le film commence à 14H40, point barre. Z'êtes en retard, ben tant pis pour vous. Et la salle, mon dieu la salle... Faut la voir pour la croire. Un écran énorme, une salle énorme, et seulement 3-4 péquenots pour regarder le film.
Concernant le film, je crois que je vais encore avoir des progrès à faire en anglais... Et que mon torrent et mes sites de sous-titres vont bien fonctionner en attendant pour que je sois à jour dans les sorties de films...

J'ai quand même l'impression que je m'habitue à l'accent irlandais. Y'a certains trucs que j'arrive facilement à piger maintenant. Et j'ai appris sacrément de vocabulaire en 3 jours, mine de rien. C'est là qu'on se rend compte à quel point l'enseignement des langues en cours est basique.

Ce soir, je sors pas. Je suis naze et j'ai pas super envie. Demain, je retournerai certainement dans le pub où j'étais allée avec les Ecossaises. L'avantage de ce genre de lieux, c'est qu'on peut y aller tout seul, on est sûr qu'une fois dedans, on ne s'emmerdera pas et on trouvera quelqu'un à qui parler.

Bon, comme y'a pas grand chose à raconter de la journée (A moins que vous vouliez les détails de ma visite à la poste, à la banque, à l'Office du Tourisme et que je vous décrive ce que j'ai vu... Nan? Je savais bien!), faut que je vous parle de l'auberge de jeunesse.
J'avais payé 5 jours pour une chambre de dix lits mixtes. Au final, je suis dans une chambre de 6 lits pour filles. Tant mieux pour la chambre de 6 lits, c'est ce que je voulais. Pour la chambre, qu'elle soit mixte ou non, je m'en balance les cotillons. Y'a une p'tite salle de bains avec des chiottes. La douche est un truc accroché au mur, c'est pas top, mais enfin... Et puis le truc génial, c'est le rebord sur la fenêtre. J'adore ça, on peut s'asseoir devant en regardant les gens passer.

Dehors, y'a une grande cuisine commune où le petit déj est fourni et on fait la vaisselle une fois qu'on a fini. Et on peut se faire à manger si on veut. Moi j'ai juste entreposé mon jambon et mon fromage dans le frigo. A priori, ça ne viendrait à l'esprit de personne de me piquer mes trucs, si?! C'est classe comme endroit, et super bien équipé.
Au deuxième étage, y'a une salle commune où y'a la télé, des canapés, un babyfoot et le supposé net qui est out of order (et y'a même pas de réseau non sécurisé...). C'est super classe. J'y suis allée mon premier soir. Je pensais par contre pouvoir pratiquer mon anglais, mais apparemment j'étais la seule à vouloir causer. Après un rapide "Hi!", ils sont retournés à leurs occupations. Même dans ma chambre en fait, à part les Ecossaises qui m'ont parlé dès le début, c'est moi qui ai lancé toutes les conversations avec les autres filles.

A part ça, on a des gros casiers qu'on peut fermer avec des cadenas, et les trucs qui craignent (genre mon portable, par exemple), on peut les déposer à l'accueil pour la journée. Bon, perso mes deux valises rentrent pas dans un seul casier, mais comme y'a du mouvement dans la chambre, y'a toujours des casiers vides, je m'en accapare un deuxième pour ranger ma deuxième valise.

En tout cas, j'aime beaucoup l'endroit. Si jamais vous passez à Dublin et que vous avez besoin d'un endroit où dormir, allez au Barnacles de Temple Bar (et passez prendre un verre au bar juste à côté!). Le seul truc négatif, c'est que c'est à côté de la rue, et la nuit c'est bruyant (on est à Temple Bar, merde quoi!). Moi perso, je m'en fou, je m'endors jamais avant 3-4 heures du mat. Là, en ce moment, au moment où je tape ces mots (on est mardi), j'entends un saxophone dehors. (Purée, demain je sors!).

Quoiqu'il en soit, je renouvellerai volontiers l'expérience des auberges de jeunesse. Si l'envie me prend de visiter une ville pour quelques jours, je saurai où loger!

Mercredi.

Pensée du jour : Ne plus jamais prendre le bousse sans avoir demandé au préalable au chauffeur de nous prévenir quand on arrive à notre station. D'accord, je suis pas pressée, mais quand même, hein.

Tout le monde s'est barré de ma chambre. Ils ont tous des sales manies de devoir prendre des avions super tôt. Entre 6H et 9H, y'a eu le défilé des 4 Canadiennes et de l'Allemande. J'suis toute seule maintenant, j'aurai des nouvelles colocs ce soir. Quoiqu'il en soit, j'ai encore eu une nuit abrégée.
Au fait, je ne sais pas si c'est une mode anglophone ou si c'est moi qui n'ai pas les mêmes habitudes que tout le monde, mais la famille canadienne avait elle aussi un sèche cheveux et un fer à lisser. Sais pas, les filles aussi vous emportez toussa quand vous partez en voyage?!

Bon, donc aujourd'hui j'me suis paumée en bousse. J'ai fini par réaliser en regardant mon plan que j'avais largement dépassé là où je voulais aller. On remercie les cartes de bousse illimitées (d'ailleurs à propros de cartes de bousse illimitées, y'a un UGC ici... Bordel, j'ai laissé ma carte de ciné en France!).
Je suis donc aller me traîner au Phoenix Park pour me vider la tête, avec le lecteur MP3 dans les z'oreilles, et de quoi lire et m'occuper pour tout l'après-midi.
Je crois que j'ai la côte auprès des pépés Irlandais. Il y en a un qui m'a demandé l'heure. C'est bien, je sais dire 1H45 en anglais maintenant (oui pasque mes cours d'anglais sur l'heure remontent à la 6ème et j'avoue que j'avais un peu tout zappé depuis). Et puis il m'a tapé la conversation pendant un bon gros quart d'heure. Il m'a montré une photo qu'il avait prise lui même où on voyait une vague silhouette dans la brume. "It's a ghost" qu'il me fait. Oui, toutafé, papy. Et puis il m'a vaguement expliqué que c'était son ombre projetée je ne sais où et avec les illusions d'optique ça donnait une silhouette fantômatique. Et quand il m'a quitté, il m'a broyé la main en me disant "Nice to meet you". Nice to meet you too, papy, mais là, je sens mes os craquer, quand même.
C'était cool. J'suis même passée devant la résidence de Monsieur le Président de la République d'Irlande.

Le soir, je suis donc retournée au pub où j'étais allée avec Jasmine et Samantha (les Ecossaises). J'ai pris ma demie pinte de Guinness (Juste pour goûter et pour avoir le droit de rester... Moi et la bière, on est pas très potes) (Remarquez, avec tous ceux qui m'ont proposé une bière ce soir, j'aurais pu boire plusieurs pintes gratos). Et puis je suis partie à la recherche de gens à qui parler. J'ai passé la soirée avec Glenn et Paul, deux Américains super cools. Si on excepte le fait que Paul a fini bourré après sa cinquième pinte, et que ce même Paul a renversé de la bière sur mon pantalon tout propre et mon sac, j'ai vraiment passé une soirée exceptionnelle. J'vous jure, faire de nouvelles rencontres, c'est vraiment ce dont j'avais besoin. J'ai appris plein de vocabulaire en plus, la musique était superbe, l'ambiance toujours extra. Et essayez donc d'imaginer deux amis façon Laurel et Hardy qui n'arrêtent pas de s'envoyer des piques, et ça vous donnera un aperçu de la soirée. J'aimerais bien pouvoir tout immortaliser par des mots, mais c'est le genre de trucs indescriptibles qu'on ressent sans pouvoir l'exprimer. Rapide échange de mail avec Glenn (son pote étant trop bourré pour tenir un crayon), et j'ai fini par m'éclipser après que la musique a stoppé, et après avoir souhaité bonne chance à Glenn qui devrait certainement porter Paul jusqu'à l'hôtel et sous un dernier clin d'oeil du même Glenn...

Et puis histoire d'achever avec le pays de l'oncle Sam, j'ai rencontré deux Américaines dans ma chambre ce soir.

Les gens, vous savez quoi? Je revis!
:)

Jeudi.

Aujourd'hui, ça caille. Le mieux pour se tenir au chaud, c'est de visiter des musées. J'suis pas fan des musées, mais comme ils étaient gratuits, hein... Dommage, le seul que je voulais voir (Natural museum) était fermé. D'après ce que j'ai compris y'a quelque chose qui s'est effondré.

Ce soir, je vais déposer la moitié de mes valises dans ma nouvelle demeure. Je préfère faire deux tours plutôt que de faire le baudet expatrié pour conflit politique.
Et ce soir, devinez quoi? Un p'tit pub, of course :D

Bon, et sinon, j'ai eu confirmation que les anglophones peuvent pas partir sans sèche-cheveux et fer à lisser. Mes amies canadiennes du soir avaient elles aussi tout l'attirail nécessaire dans leurs sacs à dos.

Vendredi.

Bon, donc j'ai débarqué dans mon nouvel appart et je suis maintenant officiellement installée avec mes 4 collocs. Michael, Artur, Maciek et Ewa. Ce qui me fait marrer, c'est qu'ils se parlent anglais entre eux. Et quand ils commencent à parler polonais, je les rappelle à l'ordre en leur balaçant un joli "English, please!".

J'ai appris mon tout premier mot polonais. Et pas des moindres, s'il vous plait. Artur me conduisait en bagnole au Liddl du coin pour que je me ravitaille un minimum. Ayant calé ou je ne sais quoi à un endroit inopportun, il a lâché un joli "fuck". Naturellement, je lui ai demandé comment on le dit en polonais.
Ok, donc pour info, on dit "kurwa" (prononcer quelque chose comme couwleva). Du coup, j'ai adopté ce zoli mot, et je lâche des kurwa à longueur de journée.
Soit dit en passant, j'ai pas retenu comment on dit bonjour et merci.

Samedi.

Demain, Artur a 27 ans (même s'il prétend en avoir 25). On est donc allé fêter ça en bonne et due forme dans un pub. A minuit, tradition oblige, on a bu un verre d'un liquide indigeste cul sec. Ok, après l'avoir bu, j'ai compris ma douleur, et j'ai du faire passer la pilule avec de la Guinness, pasque croyez moi, c'était de la boisson pour les mecs, les vrais, les tatoués. Ne plus jamais faire confiance à un Polonais quand il vous donne un verre de je ne sais quoi en vous disant "It's sweet!".

Ce même Artur s'est endormi comme une merde sur le canapé ce soir.

Dimanche.

It's raining, raining, raining... Un beau temps irlandais par ma fenêtre ce matin. Nouvelle sortie au Liddl (putain, je veux du fromage et des galettes de légumeuhhh! :'(), because je voulais faire un gâteau. Bon, si jamais vous tenez à faire un gâteau au chocolat et qu'il y a du choco pâtissier dans la recette, vous oubliez. Non, pasque le choco pâtissier, ils connaissent pas ici. Le gâteau, perso, je l'ai trouvé indigeste. Pas les autres apparemment, tant mieux. Et sinon, si vous n'avez pas de bougies mais un briquet, vous pouvez vous amuser à souffler la flamme du briquet le nombre d'années que vous souhaitez comptabiliser. Par contre, sachez compter. 28, c'est pas 27.
On a fini la soirée à éclater les bulles d'emballage du cadeau d'Artur.

Bilan de la première semaine : Pas le moral? Venez donc vous ressourcer en Irlande :)
Voilà, tout est dit.

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First day...


(Vous excuserez la piètre qualité de l'image... No scanner, ici...) 
(Et en vrai, je suis plus grosse que ça, hein. C'était juste pour mettre en avant le volume de mes bagages!)
 
Je suis naze. J'ai les pieds en compote. J'ai la crève. J'ai des bleus aux jambes. J'ai des bras rallongés de 10 cm. Mes Docs sont usées de 3 cm de plus. J'ai froid. Il pleut. J'ai les mains totalement cadavériques tellement elles sont sèches et violacées. J'ai un accent de merde, aussi. Je vous raconte même pas le nombre de fois où on m'a dit "Sorry, can you repeat?". Et aussi, les Irlandais ont un accent de merde. Je vous raconte même pas le nombre de fois où j'ai dit "Sorry, can you repeat?". Je me suis paumée environ 54 fois. J'ai demandé mon chemin environ 52 fois (toujours avec un accent de merde).

Mais.
Oui, pasque y'a un mais.

Ben je regrette absolument pas d'avoir décidé d'aller en Irlande à l'arrache, sans logement, sans boulot, sans contact, sans connaître la ville et avec mon accent bien pourri. Dimanche matin, je stressais comme une malade, et en fait, ben non... Dès le premier jour, je me suis sentie bien. Les gens sont absolument adOOOrables. Mais vraiment, quoi. Ici, c'est dépaysant.

5H30.
Levé difficile. J'ai à peine dormi cette nuit, pasque je repassais dans ma tête ma check list, persuadée d'avoir oublié quelque chose. Et puis le stress de l'inconnu mêlé à l'excitation, toussa.

6H00.
Engueulade avec papa Mona qui découvre l'étendue de mes bagages et pasque je lui réclame cadenas et étiquettes au dernier moment. Pour vous donner un aperçu, le total faisait à peu près les 2/3 de mon poids. Deux grosses valises blindées à mort, mon ordi portable, mon sac habituel, un sac de plans de Dublin et autre conneries vachement importantes. Un sachet de trucs que j'avais pas pu mettre dans mes valises blindées. Je suis une fille, certes. Mais pourtant j'ai réellement mis le strict nécessaire. Mais vraiment, quoi. J'aurais du prendre deux grosses valises et non deux moyennes. 33 kilos, c'est raisonnable, merde.

6H20.
Départ pour l'aéroport. Dans la voiture, j'essayais de blinder mes valises un peu plus en essayant d'y mettre mon sachet de trop. J'ai du me résigner à caler mes bottes dans mon sac "à main", relayant mon passeport au fond de tout ce bordel.

8H et des brouettes.
Arrivée à l'aéroport. J'étais en train de me demander comment j'allais pouvoir trimballer 40 kilos de bagages lorsque papa et maman Mona ne seraient plus là. 18 kilos d'excédent de bagages (vive Ryanair, soit disant "low-cost" mais qui taxe tout et n'importe quoi).
Bref. J'ai passé les contrôles sans problèmes, z'ont pas vu la bombe que je planquais dans mon sous-tif.

9H55.
Mon avion partait. Grand moment d'émotion. Je me suis mise à chialer, entre le stress, la joie, le goût de l'aventure, et une certaine symbolique dans le fait de laisser ses larmes en France. Ouais, comme une nouvelle vie quoi. Je vais pas philosopher là-dessus, je me comprends. Y'avait juste un trop plein de larmes dans mon corps à évacuer de toute urgence avant de quitter le pays.

10H20 (heure locale).
J'ai récupéré mes bagages, j'suis allée me renseigner à l'Office du Tourisme pour les bus, pour acheter une carte de transport (23€ une semaine, bordel!) et pour acheter un téléphone avec numéro irlandais. Et puis, avec mes 40 kilos de bagages et 5000L de volume, j'me suis dit que j'allais pas me faire chier et prendre le taxi pour aller à mon auberge de jeunesse. Surtout que j'avais strictement rien compris à ce que la nana de l'Office du Tourisme m'avait dit concernant les bus. Tant pis si je devais taxer, je voulais visiter la ville sans être chargée comme un baudet. 33€ et j'ai découvert la dure réalité de l'accent irlandais.
Mondieumondieumondieu.

11H et des brouettes.
Arrivée à mon auberge de jeunesse. J'ai eu grave du mal à piger ce qu'ils me disaient. Grand moment de désespoir. Au bout de 50 répétitions, 360 mimes pour désigner la feuille jaune ou la porte des bagages, on a finalement fini par se comprendre. Maintenant, les gens de l'accueil se souviennent de moi et se marrent à chaque fois que je dépose mon ordi portable le matin, à se rappeler la scène que je ne vous rapporterais pas pour ne pas faire de mal à mon ego.
Et après, que du bonheur.

12H.
J'ai posé mon cul sur un des bancs longeant Aston Quay. J'ai mis en marche mon téléphone (il est cool, il a même une lampe de poche intégrée!) et commencé à envoyer des supers SMS pour des visites d'apparts. J'avais donc trois visites de prévues. Problème, Mona et le sens de l'orientation, ça fait environ 50. Surtout que Mona ne sait pas lire les plans (de toute façon, elle n'avait pas de plan). Alors, comme une grosse larve, j'me suis contentée de demander mon chemin à un roux avec un accent de merde en train de se rouler un joint. J'ai rarement rencontré un mec aussi cool. Il m'a fait visiter Temple Bar, il m'a indiqué un bookshop pour que je m'achète un plan, il m'a mené dans le centre des bus, et m'a indiqué clairement quel bus je devais prendre et où, et en plus il m'a payé un plan des bus. Comme une conne, j'ai pas pris son numéro. Pourtant ça m'aurait fait plaisir de le revoir (il était moche hein, soyons clair). Bref, il m'a mise en confiance malgré ma grande difficulté à piger toutes ses paroles. Et il m'a appris que bus, on dit "bousse" et non "boeusse". Il a fallu quand même environ cinq minutes avant qu'il comprenne que je cherchais une station de bousse. Bref, je le bénis sur 90 générations.

Donc, visite d'apparts tout l'aprem. Je vous passe les détails des appels téléphoniques qui suivaient les SMS. C'était absolument catastrophique.

Le premier, 325€/mois, bien situé, super bien aménagé. Mais avec 4 polonais. Qui parlent certes couramment anglais, mais c'est des polonais (j'vais me sentir exclue quand ils se parleront entre eux!) et pas des étudiants. J'hésite. Si c'est des gens qui sont pas du genre à sortir tous les soirs faire la fête, c'est pas cool, quoi.

Le deuxième, 420€/mois, beaucoup moins cool. Avec deux filles, en plus. Mais c'est une Irlandaise et une Américaine bavarde. Quoi de mieux pour progresser en anglais, hum?!

Et les chauffeurs de bousses... Bidiou, eux c'est des Saints. Il faut savoir que les bousses à Dublin, c'est la merde. Y'a pas le nom des stations, faut demander au chauffeur si on veut atterrir au bon endroit. Et ils nous préviennent personnellement quand c'est notre station. Ils insistent même après pour savoir si on a pas besoin d'être guidés pour une adresse précise. Ils sont d'une patience infinie face à notre baragouinage de merde.

19H30.
A l'auberge dans ma chambre, j'ai parlé avec deux Ecossaises et une Américaine tout aussi sympathiques, avant d'aller me perdre dans Dublin visiter le 3ème appartement. Pas super l'appart,mais le mec qui m'a accueilli était aussi super adorable (moche aussi, hein). Et on dit pas "tchello", mais "tchelloooooooow" pour le violoncelle. Non mais.

Et puis j'ai traîné toute la soirée dans Temple Bar. Je me suis paumée environ 40 fois, mais ce fut bénéfique. La nuit, c'est super animé, y'a de la musique partout (et des gens bourrés aussi).

Sinon, j'ai relevé des trucs inhabituels ici. Par exemple, on trouve des mendiants à chaque coin de rue. Mais vraiment. Paris, c'est le désert à côté.
Les gens font pas la bise, on salue comme des mecs entre eux, et je me dis heureusement que j'ai des réflexes et que je me suis retenue au dernier moment. Rigolez pas, ça aurait été super embarrassant!
Ici, y'a pas de roux. Non, mais vraiment. P'tetre que la réputation de l'Irlande quant aux roux se justifie dans les campagnes profondes d'Irlande, mais à Dublin, quedal. Et les filles... Mon dieu, les filles. Elles se teignent toutes en blond. Et c'est pas du blond joli discret naturel. Nan, c'est du blond pétasse trop pas naturel. Et pour rajouter en rajouter une couche, elles se maquillent avec des gants de boxe. Je me sens belle des fois, si vous saviez...

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Une (fausse) rousse au pays des (vrais) roux (enfin, il paraît...)

Flash back.

Fin janvier, j'étais censée avoir un super boulot, et travailler sur une série d'animation 2D. N'ayant pas de nouvelles de mes employeurs, je les avais relancé histoire de savoir où ça en était. Et que me disent-ils? "Ah ben nan, on ne retient pas votre candidature finalement".
...
Un mois et demi donc, qu'ils me faisaient poireauter avec ça alors que j'avais un boulot assuré à 90%. Et ils ne furent même pas fichus de me prévenir, il a fallu que je leur demande.

Bref, ayant été prévenue trop tard de leur coup bas, j'ai postulé trop tard à un autre endroit où environ la moitié de mon ancienne promo travaille, et il n'y avait plus de place.

C'est sûr, je l'ai très mal pris. Depuis juillet je fais candidatures sur candidatures, entretiens sur entretiens et au final pour quedal. J'ai un manque de chance évident que personne ne peut me contredire. Après une grosse crise de larmes, une grosse remise en question de mon avenir et une décision de m'éloigner de la 3D dont j'étais fortement dégoûtée, j'ai décidé de partir. J'ai même fini par être contente finalement de n'avoir pas été prise. En vrai, il y a longtemps que ça germait dans mon esprit, mais j'avais peur de l'inconnu, sachant que ce n'est pas comme si j'étais étudiante et que tout était organisé. Oui, pasque c'est quand même plus facile de partir à l'étranger avec un stage, une fac en France qui organise tout ou en ayant des contacts sur place.

Non, je voulais partir à l'arrache. J'ai écarté l'Afrique du Sud. Je me suis dit que le goût de l'aventure avait des limites, et finir en morceaux dans une fosse après m'être fait dépouiller n'était pas forcément une bonne idée. J'ai songé à l'Ecosse, mais rien ne m'indiquait que trouver du boulot là-bas était facile. Et puis, en parcourant les forums de voyage, je suis tombée sur des tonnes de témoignages positifs sur l'Irlande.

Donc je suis partie, sans logement, sans boulot, sans contact, sans avoir jamais mis les pieds à Dublin, avec mon anglais de merde et mes deux grosses valises. J'ai tout organisé toute seule. Et même, si j'avais pas eu de problèmes de cartes d'identité et tout ce genre de paperasses, j'aurais déjà décollé depuis février. Je me suis dit que c'était maintenant ou jamais.

Avouons le, je suis quand même partie avec une boule au ventre, cette peur de l'inconnu ne voulait pas me lâcher, et mon naturel pessimisme et ma poisse habituelle ne m'encourageaient pas. En plus, je suis partie un 13, vous vous rendez compte?! Pour une triskaidékaphobique comme moi, ça relève de l'exploit. Mais honnêtement, plus rien ne me retenait à Paris. Je voulais du nouveau, de l'aventure, rencontrer de nouvelles personnes, rompre avec cette fichue routine qui s'était installée dans ma vie, oublier quelques psychoses, faire apparaître un sourire sur mon visage, gagner un peu d'indépendance.

On m'a traité de folle. Si si, y'en a plein qui m'ont dit que j'étais courageuse mais un peu tarée de me lancer comme ça sans aucune assurance en poche.
Mes parents non plus ne m'encourageaient pas tellement. Maman Mona n'arrêtait pas de me sortir "On t'avait bien dit qu'il fallait que tu postules au lieu de te reposer sur la promesse de boulot". Papa Mona s'en foutait un peu beaucoup. Et petit à petit, devant mon acharnement et ma résolution à parvenir à mes fins, ils ont fini par me soutenir. Il faut dire que le coup de la carte d'identité et du foutage de gueule des administrations y est pour beaucoup. Et au final, ils m'ont encouragée à partir. Je sais que Maman Mona me regardait m'éloigner avec quelques larmes, mais elle ne me retenait pas. Papa Mona m'a même avancé un peu d'argent. Et tous les deux se sont levés à 5H du matin un dimanche pour m'emmener à l'aéroport de Beauvais.

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Des news tres bientot

En direct de mon pays paume, une pensee pluvieuse a vous tous qui n'avez pas d'ampoules aux pieds, qui ne galerez pas a essayer de vous faire comprendre, qui n'avez pas a repeter environ 150 fois par jour ''sorry?!'', qui etes certainement en meilleure forme que moi, qui ne vous coltinez pas une colocataire allemande desagreable, qui ne courez pas partout a droite a gauche a la recherche d'appart, qui n'avez pas a demander aux chauffeurs de bus quand on arrive a votre station, qui n'avez pas a utiliser un clavier qwerty, qui ne vous tapez pas la pluie 24h/24, qui n'avez pas les mains violettes de froid, qui ne transportez pas 2/3 de votre poids de bagages, qui ne devez pas vous forcer a avaler une pinte de biere degueulasse dans un pub (ouais, prendre du coca, ca la fout mal sinon), qui n'avez pas a demander votre chemin (avec un accent de merde) toutes les 5 minutes, qui n'avez pas a acheter 1/3 de baguette pour 80 cents (oui!), qui mangez a votre faim, qui ne risquez pas de vous faire ecraser quand les voitures deboulent de gauche, etc etc...

Je m'attarde pas, je suis dans un cyber cafe et ca coute bonbon. Vendredi j'emmenage avec des polonais, z'aurez de quoi lire des que j'aurai internet tout le temps.

PS : Nan mais en vrai, je vais super bien, hein :p

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Faites vos jeux!


Musique de semi-circonstance (ouais, pasque ça dépend pour qui, hein) :
Sarah Slean - Lucky me
 

Samedi, c'était l'anniversaire d'un gars beau, sympa, unique, exceptionnel (est-il utile de préciser que cette personne lit mon blog?). A quelqu'un d'exceptionnel, il fallait une soirée exceptionnelle. Et à soirée exceptionnelle, il faut un billet exceptionnel (oui, hein... pasque si je racontais toutes les soirées que je fais, ça serait pas exceptionnel du coup).

On a donc débarqué en troupeau (une quinzaine de personnes quand même) dans un Casino. Un vrai, un truc qui ressemble à ceux de Las Vegas, avec du bling-bling partout.
On y trouvait toutes les personnes types. Entre l'excentrique avec sa perruque bleue et ses lunettes de clubbeur des années 70', le cow boy de pacotille avec son chapeau bleu à paillettes et son dollar en or massif, la riche héritière avec son chapeau pailleté (manquait plus que le caniche couvert de diamants sous le bras), et des froufrous, et des dentelles, et des colliers de perles de 10 mètres, et des costards, et des cravates, et des trucs brillants... Y'a guère que les croupiers qui paraissaient à peu près dans la norme (quoique y'en avait un, avec son gilet de montagnard brodé d'Edelweiss et sa petite mèche à la Superman sur le front, il faisait plus tavernier que croupier, si vous voyez ce que je veux dire...).

Et la bouffe... Mon dieu la bouffe! Un festin de roi! On a tous été jusqu'à remercier le chef cuistot à ses fourneaux (on a cru à une farce quand même, quand ils nous ont désigné une espèce de cow boy en chemise rayée bordeaux). Rien que d'y penser, j'en ai l'eau à la bouche! (de penser à la bouffe, pas au chef cuistot) (quoique :D).

Bref, on était tous attroupé autour des tables de Roulette et de Black Jack. On s'est dit qu'il faudrait éviter qu'on s'éloigne de trop, on risquait de ne plus se retrouver devant l'immensité du lieu.

J'ai commencé par la Roulette. La chance me souriait. Au début. C'est toujours comme ça. Je soupçonne le Dieu du casino de faire exprès de nous permettre de gagner pour que, sous l'appât du gain, on soit contraint de débourser jetons sur jetons. Et de perdre jetons sur jetons.
Dépitée, j'ai fini par me rabattre sur le Black Jack. Je crois que j'ai maudit le croupier sur environ 300 générations. Pourquoi donc, quand on a tous des bonnes cartes, ce pingouin gominé décide de faire des beaux Black Jack, empochant par là-même nos chers jetons? Il a failli mourir sous des mains cruelles, ce jour-là. Faut dire que le voir ricaner sous nos mines déconfites n'encourageait absolument pas au pacifisme.

Bilan des jeux : J'suis repartie ruinée (et toujours pauvre en amour, soit dit en passant). Et y'en a qu'on a encouragé à jouer au Loto le lendemain et à vérifier leurs conjoints des fois qu'ils n'auraient pas d'amant(e)s.

Bon. On a finalement décidé que le Casino, ça va cinq minutes. Et puis quand on est ruiné, on est ruiné, hein. Il fallait finir la soirée avec trois centimes en poche et une dizaine de survivants qui ne demandaient qu'à oublier les bling-bling et les froufrous.
On a donc décidé d'aller traquer les loups-garou, les sorcières, les voyantes, les gamines et ce connard de Cupidon. Là, pareil. Traquer des bêtes, féroces ou non, ça peut se révéler dangereux pour mes alliés. Pour ça, peut-être, qu'ils me zigouillaient avant que je le fasse.

Ensuite, un petit coup d'Intuition. Comme voyante, je ne vaut toujours strictement rien. En même temps, c'est dur de deviner si Jérôme serait en soie, en laine ou en coton s'il était une chaussette...
J'ai quand même été frustrée d'apprendre que certain(e)s me prennent pour une fille intransigeante :'( Moi, franchement!

Pour finir, on a décidé de se tenir éveillés avec Bomberman. Y'a pas à dire, c'est quand même frustrant de s'exploser avec ses propres bombes. Non, sérieusement. Je ne vois pas le plaisir à être kamikaze. Surtout quand en plus on emporte personne avec soi dans sa chute.

Au final, j'ai été une looseuse toute la soirée.

(Bon, ça n'intéressera que ceux qui y étaient... et encore :p) 
1. Le cuistot
2. Le croupier-montagnard (admirez les beaux Edelweiss et la mèche à la con made in Mona)
3. Le croupier-pingouin
4. La riche héritière (sans caniche)
5. Les froufrous, les dentelles, les costards, les cravates et les trucs brillants
6. Les colliers de perles de 10 mètres
7. La grande classe
8. Mona qui se la pète avec son chapeau rose à paillettes
9. Les super décos bling-bling
10. Les excentriques (avec en deuxième une Mona absolument ridicule)
11. Putain de Black Jack de merde...

Quoiqu'il en soit... Des soirées comme ça, il en faudrait plus souvent :) Merci à Pikouze, à notre cuistot en chef, à papa et Maman Pikouze, aux froufrous et aux bling-bling, toussa toussa toussa...
(Et vivent les 86!)

PS : Evitez d'écrire "casino" dans vos commentaires, ça sera considéré comme un spam par Mabulle!

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