Exorciser mes vieux démons...

Y'a des détails qui trompent pas... Y'a trois mecs qu'habitent chez moi


Musique de presque circonstance (pas dur, hein...) :
Bénabar - Y'a une fille qu'habite chez moi 
 
Ewa est repartie dans sa Pologne profonde pour une semaine, ce qui fait que me voilà seule avec trois z'abritusses. Et ça se voit. Rappelons que je suis bordélique de nature, je dois avoir des gènes de mec dans le sang, donc ça n'aide vraiment pas pour y remédier.
 
D'habitude, l'appart est plus ou moins en bordel. Depuis qu'on est plus que quatre, c'est plus un bordel, c'est une déchetterie.

Allez, on commence par le salon.
Alors, bien entendu, les canettes de bières jonchent à peu près tous les recoins de la pièce et squattent bien entendu toutes les tables.

Ensuite, la cuisine.
La vaisselle, bien entendu haute comme une montagne, n'est bien entendu pas faite. Les poubelles sont bien entendu pleines comme des femmes enceintes de 9 mois ('scusez la comparaison). D'ailleurs, des tas de poubelles de substitution se sont bien entendu créés. La table n'est bien entendu pas débarrassée, et on peut encore admirer les restes de repas de la veille (et du jour d'avant la veille) (et même du jour d'avant le jour de la veille). Le lave-vaisselle n'est bien entendu pas débarrassé et il reste encore les trucs propres que tout le monde a bien entendu la flemme de ranger.
Je vous passerai le détail du contenu des placards. Y'a quelques trucs moisis par-ci par-là.

Les chambres. Bien entendu, aucun des lits n'est fait.
On commence par la mienne. Dans un coin, un tas de linge sale (où l'on peut voit bien en évidence mes magnifiques dessous sexy). Bien entendu, le linge propre est une espèce de gros tas informe non repassé (en même temps, y'a pas de fer à repasser). On admirera ma table de nuit couverte bien entendu de bordel divers et varié. Avec un peu de chance, je vais peut être retrouver mes écouteurs que j'ai paumés.
La chambre d'Artur et Maciek. Mention spéciale à Artur dont le bordel dépasse je crois tout le monde. On admirera l'espèce de ligne imaginaire entre le coin d'Artur et celui de Maciek, ce dernier ayant un endroit quand même relativement rangé.
La chambre d'Ewa et de Michael est super grande, on voit moins le bordel, mais bon, suffit de voir les rouleaux de PQ qui trainent négligemment n'importe où pour se dire que non, c'est définitivement pas rangé chez eux non plus.

Les chiottes.
Ah, mon endroit préféré. Il arrive, parfois souvent, que ces Messieurs oublient de rabattre la lunette des WC. Je suis désolée, je ne peux vous épargner cette vision d'horreur qui est mienne à chaque fois que ça m'arrive. Non, vraiment. Et le pire, c'est que j'ai déjà nettoyé y'a trois jours. Du coup, j'suis en train de préparer un dessin histoire de leur rappeler de baisser la lunette ou de viser le bon endroit quand ils pissent sinon je gueule que c'est des gros dégueulasses.
 
Vous me direz, mais au lieu de prendre des photos, tu pouvais pas nettoyer tout de fond en comble?!
Ben, si j'y ai pensé. Mais en plus d'être bordélique, j'suis toujours à la bourre, alors flûte, hein.

Bon, sinon, en rentrant le soir à la maison (super tard), que vois-je? C'était presque rangé, eh! Vaisselle faite, poubelles vidées, cadavres de bouteilles jetés, repas de la veille, de l'avant veille et de l'avant avant veille disparus. Devant mon air ébahi, Artur m'a dit que lui aussi il a cru qu'il s'était trompé de maison.

Bon, en vrai, je suis super  médisante. Sur les cinq, le moins bordélique, c'est même pas une fille, c'est Maciek. C'est toujours lui que je vois en train de faire le ménage. Comme quoi, hein...
 

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Le Dieu de la pluie aime nous faire chier, des fois

 

(Mon scanner me manque!!)
 

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Amen.

(La catégorie "Amen" n'est pas faite pour ça normalement, mais on dérogera à la règle exceptionnellement, vu le contenu à caractère hautement spirituel)

Je suis devenue pieuse et religieuse depuis quelques jours. J'ai sorti environ 154 "Oh my God", avec quelques variantes du style "Oh my Godness" ou plus couramment des "Mondieumondieumondieu".

Je vous explique. Lundi, coup de fil de ma coloc qui me pistonne pour sa boîte et qui me dit qu'il faut une cover letter pour le lendemain. Ok, va quand même falloir m'aider pasque moi j'ai jamais rédigé d'autres lettres de motivation que celles où je vante mes qualités indéniables de graphiste. Non pasque postuler pour un poste dont je ne connais même pas la nature, c'est quand même pas l'idéal. D'après ce que j'ai compris c'est un machin de vente - relation client je ne sais quoi. Ca va faire fun sur ma lettre de motivation. "Oui, alors je fais de la 3D et du graphisme, mais votre boîte est super sympa, je suis sûre que je peux m'y épanouir".
J'ai levé les bras au ciel et j'ai invoqué le Dieu des tanches en anglais qu'il cesse de me harceler.

Bon, ensuite je check ma boîte mail. Réponse positive avec un entretien pour mercredi dans une boîte super. J'ai sauté au plafond avec des "Alléluiah" et j'ai commencé à rédiger une super réponse. Ok, j'ai du faire appel à un pote bilingue pour qu'il m'aide à dire "à l'heure qui vous convient". Et puis j'ai béni ce pote sur 70 générations. C'est fortement possible que ça ait un effet néfaste sur lui, mais tant pis. L'intention y était. 

Dans l'après-midi, je reçois un coup de fil sur mon téléphone irlandais. Numéro que je ne connais pas, je préfère ne pas décrocher. Et j'écoute le joli message laissé sur ma boîte mail.
"Hi Mona, this is .... from ... I'd like to have a quick conversation with you about your job application as a 3D graphist nya nya nya. Please, call back at ....."
J'ai compris l'essentiel : Le mec qui m'appelle veut parler de mes compétences. Problème, j'ai eu beau écouter 94 fois le message, je ne comprends ni le nom de la boîte, ni le nom du mec, ni la fin du numéro de tel. Et mes colocs sont au boulot.
"Oh my God". Suivi d'un "fuck" de circonstance, quand même.

Les colocs rentrés, le message écouté, je me dis que je rappellerai le Monsieur du répondeur le lendemain.
Sauf que mon fantastique coloc, j'ai nommé Michael, a pas du bien comprendre le numéro puisqu'il lui manque un chiffre.
J'ai envoyé une prière muette à Sainte Rita (patronne des cas désespérés, dixit une collègue de maman Mona) en lui priant de me donner la force face à ces épreuves que le Dieu tout puissant m'inflige.
Et puis, comme Michael m'avait quand même donné le prénom du mec et que je savais à qui ça correspondait, j'ai envoyé un mail au Monsieur en lui disant que je suis désolée mais que j'ai pas pigé le numéro, s'il pouvait me rappeler etc...

Cinq minutes plus tard, re coup de fil. J'ai voulu faire une petite prière à un quelconque Dieu là-haut, mais je me suis dit que ce serait con de louper cet appel quand même.

"Blabla, this is Machin for Truc. How are you?"
Et j'ai répondu "Fine, thanks". Sachant qu'ici, quand on dit "How are you", c'est juste de la politesse qui ne demande aucune réponse. Je le sais, pasque je suis passée pour une cruche au Super Valu du coin quand la caissière m'a demandé ça et que j'ai répondu comme une conne. La cliente d'après n'a rien répondu, et à ce moment là, j'ai souhaité devenir invisible. Et on rigole pas.
Bref. Gros blanc après mon "Fine, thanks", qui m'ont permis de lâcher un mental "Oh my God".
Et puis le gentil Monsieur a continué dans sa conversation.
"Hum... Excuse me, can you repeat?".
Il a parlé lentement, calmement, doucement, en mâchant ses mots. J'ai compris. Ainsi soit-il.

Bon, pour résumer, l'emploi était basé sur Cork et non sur Dublin, donc c'était mort. Mais le Monsieur du téléphone était tellement sympathique que je suis restée avec un beau sourire béant sur le visage.

Bref.

Mercredi, entretien, donc. Je me pointe (après m'être paumée environ 93 fois et avoir invoqué le Dieu du sens de l'orientation 92 fois) (et après par conséquent, être arrivée à la bourre...). J'ai lâché environ 3 "Sorry, I'm late" et hop, entretien. Trois prières mentales à Sainte Rita et autres Saints super cools susceptibles de m'aider.

Bon, donc.
J'ai trouvé un appart en 1 jour.
Un boulot en 1 semaine. Dans une boîte super qui fait ce que j'ai toujours voulu faire, à savoir du film d'animation. Alors qu'en 7 mois en France, j'ai pas été fichue de me dégoter le moindre petit boulot autre que mes colorisations. En plus, j'ai eu deux autres réponses, certes négatives because y'avait plus de place, mais super encourageantes. Et c'est motivant.
Selon la logique, dans 1 mois, je trouverai un mec. Ben oui.
(D'ailleurs, demain, j'vais boire un verre avec un Irlandais)
(Vous emballez pas, il est petit et moche).

Bon, et sinon pour me religiosiser (cherchez pas, c'est pas dans le dico) encore plus, je suis en train de télécharger "Jesus Camp". Les "Oh my God" devraient fuser à foison.

Bon, sur ce, je vais brûler des cierges et lire la Bible.
(Comprendre : Je vais me faire trois tartines de Nutella et emmerder Artur qui vient d'être tonton).

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"There are no musicians tonight?"

En France, mon remède contre l'ennui, la baisse de moral et les larmes, c'est les UGC. Ici, c'est le Temple Bar.
Plus coûteux, et plus alcoolisé, certes. Mais aussi plus animé et bourré de rencontres fortuites. Au ciné, au mieux on tapera la convers avec un gros lourd bouffeur de pop-corn.

Hier soir, mon moral n'était pas au plus haut. J'étais restée presque toute la journée at home à la recherche de boulot via un internet qui rame et qui plante souvent. J'avais donc rapidement envisagé de sortir m'aérer les neurones le soir. Mes colocs étaient claqués de leur journée, j'y suis donc allée toute seule. J'ai donc un peu traîné dans le city centre en attendant la bonne heure pour aller picoler.
Dublin, le soir, c'est pas triste. Y'a des musiciens à tous les coins de rues, autour desquels est attroupée une masse informe qui s'agite, sourit et prend des photos.

A 21H, je suis finalement rentrée dans mon pub favori (les Ecossaises, les Américains, toussa toussa...). Je commande ma pinte de Guinness (faudrait que j'y aille quand même molo... non pas que j'eusse peur de devenir alcoolo, mais pasque quand même, ça taxe...), et puis je pars dans la salle des musiciens. Manque de bol, ce soir, y'avait pas de musiciens. I don't know why. Du coup je me suis incrustée à une table plus ou moins vide, et j'ai fait la connaissance de trois Irlandais. J'ai toujours le chic pour m'incruster. Des fois, c'est "Can I take this seat?". D'autres fois, c'est "Oh I love this pub!". Ou encore "What is this song?". Ben aujourd'hui, c'était "There are no musicians tonight?" (sais même pas si c'est bien anglais, d'ailleurs!). Hop là! Karen, Declan et Michael John (alias MJ). A grand renfort de dico et de papier-crayon, j'ai encore passé une super soirée. Même si j'ai pas compris le tiers de leur conversation, surtout avec le bruit ambiant, et que j'ai eu grand besoin de mimes et de "What?". Et j'aurais encore pu me faire offrir des verres gratos. Echanges de mails, toussa toussa.
 
On notera toute fois l'anecdote finale. MJ devant repartir dans sa campagne profonde (une trentaine de kilomètres de Dublin), il nous dit donc en revoir. Sûrement au courant des moeurs françaises, il me fait la bise avant de s'en aller. Quelques minutes plus tard, c'est à moi de partir pour chopper mon dernier bus (23H30... sur le coup, c'est pas cool... Mais 15€ de taxi, voilà quoi... D'autant plus que ma carte de bus à 23€ n'aura absolument pas été rentabilisée cette semaine...) (Pour ça d'ailleurs que je vais frauder par la suite, mais là est une autre histoire...). Du coup, je me dis que je vais mettre en pratique les moeurs françaises avec Karen et Declan. Bon, ok. J'aurais pas du. Declan n'y avait pas été préparé et ça a fait une espèce de choc des cultures, si vous voyez ce que je veux dire.

Je suis rentrée avec un grand sourire, des photos plein l'appareil et une grosse envie de pisser. J'ai trouvé Artur une nouvelle fois étalé comme une merde sur le canapé.
 

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Moi aussi j'en ai marre, on a piqué mon boulot.

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