[Vieilleries]
Ca y est, ça recommence. Malgré toute ma meilleure volonté pour ne penser qu'aux points positifs,
enfiler des perles, ne pas m'attarder sur les trucs qui font chier etc... je sens ce doux parfum de déprime qui me hante à nouveau. Comme ça, sans raison. Le verre n'est pas à moitié vide, c'est tout simplement la bouteille qui est vide (super métaphore, merci Mona).
A 4H30, heure de mon coucher tardif, c'était physiquement que je me sentais mal. Une envie de vomir m'a prise, ajoutée à ce cela la fatigue qui alourdissait mes paupières. Je n'avais pas fini mon générique, mais tant pis, je ne pouvais pas rester debout.
Je me suis réveillée six heures après, avec une boule dans l'estomac, les larmes menaçant de couler. Je déteste dormir. Je déteste ces nuits agitées. Bienheureux ceux qui ne se souviennent pas de leurs rêves. A 12H30, je me suis quand même décidée à me lever. Regarder le plafond n'est pas la meilleure solution qu'il soit.
Pour accroître ce sentiment de malaise indescriptible, je me suis tapée une bande de gamins braillards dans le RER.
Un peu plus tard dans la journée, j'ai eu la vision de mes mains se resserrant sur le cou de H. alors que celle-ci s'estimait lésée dans le générique détaillé. Ce à quoi j'ai répondu, avec un sourire crispé, que ce n'était pas définitif.
Une journée gâchée, où j'ai à peine avancé dans mon travail. Le nez plongé dans ma DS, alternant tantôt les jeux de cartes avec Pik, tantôt le bridge avec des ordis mal programmés. Jusqu'à ce que je me décide à bouger mon cul, parce que mon travail ne serait pas plus productif.
Pour ajouter le clou à cette journée oh combien merveilleuse, j'ai pris un RER bondé en revenant. Ceux qui connaissent la joie de ces boites de sardines aux heures de pointes vous diront la même chose : On ne se sentira jamais aussi proche d'un inconnu qu'à cet instant précis. On sentira sa sueur, on verra la moindre tâche de ketchup sur son costume, on aura la vision de ses aisselles non épilées.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Mon plus proche contact physique était du genre profiteur. Je vous fais un topo de la scène : Mona, plaquée le dos contre la porte, les jambes coincées entre les cuisses de Monsieur Pervers et ne pouvant bouger ne serait-ce qu'un petit doigt. Et Monsieur Pervers prenait son pied. Monsieur Pervers bougeait sa jambe contre la mienne, et faisait sentir une entrejambe anormalement dure. Monsieur Pervers se collait contre moi, et la seule vision que j'avais était un bout de son costume rayé. A la station suivante, la boite de sardines s'est désardinée, et Monsieur Pervers a arrêté son mouvement de jambe et s'est reculé un peu. J'ai levé la tête, avec l'intention de lui exprimer mes sentiments de haine profonde et lui balancer mon poing dans la gueule (n'en doutez pas, c'est déjà arrivé), mais je suis restée bloquée et j'ai fermé ma gueule. On s'est fixé pendant je sais pas moi, 10 secondes (à noter qu'il faisait une bonne tête de plus que moi, et que je devais carrément lever la tête pour le fixer... super discret), et je devais avoir l'air d'une conne avec une tête d'ahurie. Je suis restée bloquée, parce que Monsieur Pervers était anormalement beau. Que dis-je... Une perfection. Peut-être trente ans. C'est con de dire ça, mais il n'avait pas la tête d'un pervers lambda, et me dire que je venais de faire bander un beau mec en l'espace de une minute trente secondes montre en main, ça coupe la transmission de message du cerveau au bras qui est censé balancer un coup dans la gueule de l'importun. J'ai fini par détourner mon regard (parce que manifestement, il ne fallait pas que je compte sur lui pour le faire), et Monsieur Pervers s'est glissé à ma droite, une main soigneusement posée sur mon cul. Mais mon cerveau m'envoyait des signaux, beau mec ou non, Monsieur Pervers était un pervers. Je me suis éclipsée rapidement sans me retourner et suis allée m'asseoir dos à lui, malgré ma folle envie de revoir le merveilleux visage de mon contact physique Auber - Châtelet les Halles.
Et je me sens vidée. Non pour l'aventure avec Monsieur Pervers, mais vidée par cette journée nulle et sans saveur. Je me sens mal depuis ce matin, et je ne sais pas pourquoi.
[Commentaires]
Le lundi 02 juillet 2007 à 5:59, par Laurent Morancé :C'est touchant d'avoir écrit de moi, je ne sais plus dans quel billet, que je suis un " gentil petit monsieur ", même si ça vieillit un peu l'ensemble...
Allez, no spleen and no stress...
Le lundi 02 juillet 2007 à 22:18, par Aleks :
Je suis zoffusquée. Non, pardon, c'est juste pour reprendre le ... bref.
J'voulais savoir, pourquoi quand moi je me fais aborder par un pervers, il est forcément vieux, malodorant et moche ? C'est quoi ton secret ? Allez, partage, là...
Le mardi 03 juillet 2007 à 15:11, par Elise :
Bien le bonjour...
Je n'ai pas encore eu l'occasion de te dire tout le bien que je pense de tes billets... J'aime bien tes tournures de phrase et ton humour.. euh... décallé!!!
Et, en passant, je t'ai taggée sur mon blog (gloups!!!!) : "te décrir en 7 points"... suis désolée... le ferai plus!!!!
Le mardi 03 juillet 2007 à 20:54, par Mona :
Gentil p'tit monsieur -> Ah ben ça, c'était l'émotion de voir le premier commentaire sur mon blog et de constater que ça fait du bien finalement de savoir qu'il y a des gens qui puissent me lire et puissent m'encourager indirectement à me reprendre en main!
Et d'ailleurs, ça me fait toujours plaisir de voir écrit quelque chose comme "no spleen and no stress"!
Aleks -> Oh mais je t'assure que d'habitude les pervers qui m'abordent sont comme tu les as décris, moches, vieux et malodorants... des vrais pervers quoi! Là, c'est p'tetre le Dieu de l'amour qui croyait bien faire en m'envoyant un beau pervers?!
Elise -> Merci Mam'zelle! Et pour le taggage, c'est pas zentil! Quoique... ça me fournira une excuse si on me reproche de parler encore de moi! ^^