Exorciser mes vieux démons...

[Non, je ne me suis pas (encore) fait bouffer par un mouton]

La vie suit son cours. A l'euphorie des premiers jours, a succédé une espèce de routine ennuyante. Je me reverrais presque revenue quatre mois en arrière, alors que la seule idée qui me trottait dans la tête était de me faire faucher par un train, un peu comme une Marguerite qui aurait choisi de venir brouter sur les rails (je sais, mes métaphores sont toujours aussi foireuses).

Sauf que.
 
Même pas.
Certes, ma vie ici est parfois résolument ennuyeuse et déprimante, mais y'a quelque chose qui me pousse quand même à aller de l'avant, et à ne pas repenser à quelques trucs glauques. Je ne suis pas encore prête à rentrer en France, ma thérapie n'est pas terminée.

J'en suis à mon deuxième boulot. J'ai eu un peu plus de mal à le dégoter celui-là. C'était pas tellement la bonne période, avec tout l'exode de Français venus chercher du boulot pour l'été.
Tout était bouché dans le graphisme, je me suis résolue à chercher du boulot dans une autre branche. Travailler dans les call centers me faisait mortellement chier. Ca tombe bien, ils voulaient pas de moi. Et puis, en trafiquant mon CV (comme environ 90% des gens), j'ai dégoté un boulot bien payé comme linguist reviewer (me demandez pas la traduction française, j'en sais strictement rien).
 
Faut quand même que je dise que les employeurs irlandais font vachement confiance. Ils m'ont demandé une référence de ma supposée ancienne boîte où j'étais censée avoir déjà travaillé comme linguist reviewer.
Merde.
J'me suis dit que j'allais briefer quelqu'un de mon ancienne boîte où je travaillais comme coloriste (qui a quand même pour avantage d'être un organisme de langues), et j'ai finalement opté pour une solution plus radicale. J'ai appelé papa Mona en lui demandant de se faire passer pour mon ancien employeur. On a créé une adresse mail pour l'occasion, on a inventé un nom (qui s'avère en fait être celui d'un guide de haute montagne), et il a joué le rôle de mon ancien employeur, bien entendu super content de moi. J'ai été engagée le jour même, sans même qu'aucune vérification ne fusse faite, sans même aucun entretien.

Mon boulot est chiant. Enfin, pas vraiment chiant, mais disons que je suis payée à l'heure et que je dois travailler supra lentement si je veux gagner mes 144€ quotidien. Et j'aime les imprévus, du style quand on vient me demander de prêter ma voix pour vanter les mérites de leur entreprise. Me voilà embarquée dans les studios d'enregistrement, et ils sont même ravis de voir que je sais déjà comment ça fonctionne puisque j'ai déjà fait ça plusieurs fois auparavant (certes, "les fois auparavant" se résumaient à chanter, gueuler et parler avec une voix gonflée à l'hélium, ce qui, je vous l'accorde, n'avait rien de sérieux).
 
Mieux encore. Aujourd'hui, ils ont paumé mes documents à reviewer (cherchez pas, c'est pas dans le dico). Je suis donc rentrée chez moi, tout en sachant que ma journée de glandouille sera payée.
Bref, mon boulot me plaît, même si ce n'est pas dans ma voie. Ca me fait une expérience nouvelle, mes collègues sont de toutes nationalités et sont adorables, et surtout ces 18€/heure sans expérience ont quelque chose d'attrayant (surtout quand je sais par ma collègue Allemande qui est payée 28€/heure que je pourrai prétendre à un meilleur salaire à l'avenir). C'est sûr que ce n'est pas le genre de trucs que j'aimerais faire toute ma vie, mais pour deux petits mois, cela ne me dérange pas.

Je cherche un autre boulot pour le soir, comme serveuse, ramasseuse de verres ou autre trucs chiants. De ce côté là, j'ai un bon contact, rencontré à l'aéroport, qui travaille comme serveur dans un resto 5 étoiles et qui gagne 200€ de pourboires par soir et qui pourrait peut être me pistonner. A suivre.

Le boulot va bien, donc.

Pour ce qui est du bel Irlandais pour occuper mes nuits, c'est pas encore ça.

Y'en a bien un qui me plaisait, mais non seulement il m'a mis une ratatouille à la Wii, mais en plus, pire que tout, il a déjà une copine. C'est nul.

Y'a bien mon contact d'aéroport qui disait à peu près à toutes ses phrases que j'étais, je cite, "une belle femme", et que j'ai fini par remettre à sa place en lui disant que j'avais un copain à Paris (rappelons que c'est mon contact de prestige 5 étoiles, vous comprendrez que, manipulatrice comme je peux être parfois, je ne l'ai point envoyé paître).

Y'a bien mon coloc sur qui je fantasme parfois (mais c'est juste pasque je le mets en gage de lire l'étiquette de Chiroubles pour avoir droit de le boire, et qu'il a un accent délicieusement pourri en lisant l'histoire des vignes de Bourgogne). Suffit que je le vois débouler en short avec ses espèces de sandales rouges immondes pour déchanter illico presto. En plus, il n'a de beau que le sourire.
 
Y'a bien un certain Gabriel qui, selon ma coloc, est amoureux de moi par tous les éloges qu'elle lui fait de moi. Sauf que le Gabriel en question ne m'a jamais vue. Et vice versa.

Oh et puis, mes colocs sont persuadés que j'ai quelqu'un dans ma vie. Pasque depuis quelques jours, je sors tous les soirs. Y'a même un soir où j'ai découché de manière imprévue, et ils n'ont pas été convaincus par le fait que je puisse aller chez une copine mater un DVD et que, dernier bus raté oblige, je suis restée dormir chez elle.

La vie est une chienne.
 
Et puis, je visite l'Irlande. J'ai rencontré une fille avec qui je m'entends merveilleusement bien, qui a en plus comme qualité de travailler dans le tourisme et qui, de se fait, peut louer une voiture pour 20€ par jour et avoir des tarifs d'hôtels. Un séjour dans le Connemara - Achill Island etc pour moins de 150€, c'est pas donné à tout le monde. Et y'a rien de mieux que les voyages et les paysages peuplés uniquement de moutons pour se ressourcer.

Et parfois, donc, je me fais chier. Je repense à Monsieur Psychose et compagnie, je reste cloîtrée comme une none dans ma chambre au lieu de sortir toute seule pour lier connaissance avec quelques beaux mâles dans un quelconque pub. Je m'occupe comme je peux, avec mes bouquins, mon carnet de voyage ou les films et séries que je suis obligée de télécharger (ah oui, j'ai piraté le réseau internet du voisin au fait, le mien ayant rendu l'âme) puisque ciné, y'a plus.
 
Et puis j'ai l'impression que la distance fait qu'on m'oublie. Je ne suis pas venue en Irlande en oubliant mes amis laissés en France, mais l'inverse s'opère.
Pas tous, puisque y'en a déjà qui sont venus me rendre visite et y'en a d'autres qui ont planifié une venue prochaine. D'ailleurs, à ce propos, je vais bientôt revoir ex Monsieur Obsession qui n'a plus d'obsession que le nom.
 
Je suis devenue obèse, je connais les moyens de gruger dans le bus, je sais où acheter de l'échalote ou que je ne trouverai pas d'avocat à moins de 1€02, j'ai abandonné l'idée d'apprendre à mes colocs à pisser droit, je ne panique plus quand je dois téléphoner en anglais, je sais qu'on me demandera toujours ma carte d'identité pour rentrer au Czech Inn... Et mon violoncelle me manque.
 
Concernant les news parisiennes, maman Mona va suivre une thérapie. Pas tellement anodine, puisqu'il y a des tas d'effets secondaires pas glop et qu'elle risque d'arrêter de travailler en septembre.
 
Voilà, c'est à peu près tout.

    

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Mona against the machine

(Je me rends compte que dans ma tentative de faire un jeu de
mot foireux dans le titre, ça donne aussi un titre psychosant à mort. J'suis con, des fois, quand je m'y mets).

Je crois que je dégage des ondes bizarres. Je suis même plus nocive qu'un micro-onde.
C'est simple, tout ce qui est électronique ou qui marche à l'électricité finit par déconner à mon contact. 

Je ne parlerai pas de mon PC, pour éviter que Mademoiselle décide de planter. Parlons plutôt de mes deux téléphones, qui ont plusse merdé en deux semaines que pendant toute mon existence.

Mercredi 11 juin. Mon portable français, qui déconnait déjà particulièrement, a déconné encore plusse. Il ne s'allumait plus, il fallait rabattre et réouvrir le clapet environ 50 millions de fois avant qu'il ne parvienne enfin à daigner s'allumer. Il a définitivement rendu l'âme le jeudi, en France, à l'âge de un an et demi. Ce qui me fait chier pasque 1) Je l'aimais bien mon petit portable non retrouvable 2) J'ai tout plein de données que je n'ai pu récupérer 3) Il n'avait qu'un an et demi, quoi...
Papa Mona a essayé de me le réparer, démonter, remonter, en vain.

Ce même jeudi, c'est mon portable irlandais qui a commencé à déconner. Il ne se verrouillait plus, il se bloquait lors de l'envoi de SMS. Bref, j'ai pété un plomb, j'ai menacé de le décapiter et de le balancer par la fenêtre.

Le dimanche 15, j'ai commandé un nouveau portable français. Tout beau, tout niquel. Ce qui me fait chier, c'est qu'il a un appareil photo (pour moi, un téléphone, c'est fait pour téléphoner, point barre), mais il est super top.

Lundi 16, retour en Irlande. Comme par magie, mon portable irlandais qui m'avait bien fait chier tout son séjour en France a remarché niquel. Moi qui songeais le faire échanger, ben c'était plus la peine. Il ne subsistait plus aucune trace de ses déboires passés. Papa Mona a supposé que c'était la météo française qui ne lui convenait pas.

Lundi 23, je suis allée chercher mon new téléphone français à la Poste. Incroyablement génial. Si je n'avais pas perdu une partie de mes données de mon ancien tel, j'aurais presque été contente qu'il rende l'âme.

Vendredi 27. Mon tel irlandais s'est vu rechargé de 10€ sans que je lui demande rien. Panique à bord, si ces connards m'ont prélevé 10€ sans me demander mon avis, je crise. Demande d'aide à papa Mona. Il ne comprend pas non plus le principe des rechargements irlandais (leur mode d'emploi est du vrai charabia), mais il semblerait qu'on m'offre 10€ gratuitement. Bon, tant mieux.
(Si vous êtes irlandais et que vous avez un crédit à cartes Vodafone, svp, expliquez-moi quand il faut recharger et qu'est-ce que c'est que ces 10€ offerts, because moi pas comprendre). 
Tout est bien qui fini bien.

Samedi 28. Mon crédit français est épuisé. Panique à bord. Archi pas normal, il me restait une trentaine d'euros deux semaines plus tôt. Je demande à papa Mona de me le recharger et de m'avancer les sous, mais quand même, c'est pas normal.

Dimanche 29. Portable rechargé. Je fais une recherche pour comprendre le problème de ce crédit expiré rapidement, et je tombe sur ça. En gros je me suis fait arnaquer depuis que j'ai mon nouveau portable, et ça me met dans une rage folle. C'est sûr qu'à 30 cents le SMS, le crédit part forcément vite...
J'envoie un SMS à papa Mona pour le remercier de m'avoir rechargé mon tel et lui dire que c'est absolument dégueulasse cette arnaque. (D'ailleurs, rien que pour ça, j'ai beau aimer mon tel, je n'en ferai pas de pub...).

Sauf que... le SMS ne s'envoie pas. Depuis que j'ai rechargé mon téléphone, et quelque soit le paramétrage réduit ou complet, les SMS ne partent plus, avec pour message d'erreur "Messages non supportés par le réseau. Contactez votre prestataire de services."

Ben voyons.
Oh rage, Oh désespoir!
Environ 23ème mail envoyé à papa Mona comportant le sujet "Problème portable" le suppliant de m'aider à résoudre ce putain de problème.

Et hop, comme par magie, tout remarche niquel.

Au final, à ce jour : Mon tel irlandais marche niquel. Mon new tel français marche niquel. Ma ex tel français marche plus du tout, faudrait que j'aille le faire réparer pour récupérer mes données.

Du coup, dans ma piaule, j'ai 4 portables : L'irlandais, le new français, l'ancien français qui a rendu l'âme et le vieux avant l'ancien qui a pris la flotte mais qui marche toujours très bien et qui m'a dépanné quand son successeur a mouru. Ca fait un peu caverne d'Ali Baba rétro. (En fait, y'en manque plus qu'un, et on a le total de tous les téléphones que j'aurais eu dans ma vie...).

On parie que demain, y'a un des deux fonctionnels qui me fait à nouveau des misères? 


(J'offre une Guinness à celui qui devine lequel est lequel...) (En même temps, c'est pas dur à deviner)
  

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Allo, Houston?

Le Dieu de l'écriture m'a abandonnée. C'est con, pour une fois que j'avais des trucs à raconter. En attendant l'inspiration divine, et spécialement pour toi, lecteur adoré, des extraits de mon carnet de voyage. Voilà, c'est reparti pour l'hibernation. Au moins deux semaines tranquilles sans recevoir de mails rageurs de mes fans en manque d'aventures palpitantes de ma campagne paumée irlandaise.







Sur ce, je m'en vais braver la pluie et partir en quête divine du pamplemousse Tesco. Ou Star. Ou Lidl. Je sais pas encore.

Edit : Hop, pis j'en profite pour changer d'avatar! (vider le cache, toussa).

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Passion fruits

(On ne me tape pas pour le titre foireux, merci)


Aujourd'hui, ça va parler de cul. Si, je vous assure, c'est pas un traquenard ou un moyen détourné de parler de ma grand-mère. Non, ça va vraiment parler de cul.
Non pas que je n'ai rien à raconter de ma vie trépidante avec mes Polonais et mes Irlandais, mais après concertation avec moi-même et ma presque âme soeur incompatible, il est temps de rendre à ce blog un digne hommage à son titre désuet.

Mettons les choses au clair, néanmoins. Ceci n'est pas un petit manuel à l'usage des amoureux en quête de positions sexuelles. D'une part pasque je n'aurai pas la prétention de dire que je suis incollable sur le sujet. D'autre part pasque c'est pas le but.

A partir de maintenant, on rigole plus.

J'ai eu trois mecs dans ma vie. Sachant que celui avec qui je suis restée le plus longtemps m'a supportée six mois. Au passage, faites un rapide calcul mental, et vous saurez que mon temps de célibat est largement supérieur au temps que Cupidon a daigné m'accorder.

Passons.

Le premier, on n'en parlera pas. C'était le premier, il se débrouillait bien, on s'est quitté en bons termes et puis on a continué nos vies jusqu'à se perdre de vue.
Le troisième, on n'en parlera pas. J'avais vaguement déjà évoqué les caractérisations spécifiques pour le classer dans la catégorie "Connard". Ce qui me fait chier dans l'histoire, c'est que c'est le dernier mec avec qui j'ai couché. On ne peut pas dire que je sois restée sur un bon souvenir du genre masculin. Au passage, faites un rapide calcul mental, et vous pourrez calculer mon long temps d'abstinence. Je suis sûre que les nonnes de Saint-Jean-Claude-Des-Fossés seraient prêtes à m'accueillir et faire abstraction de mes années de débauches révolues.

Passions. (Si, si, ce jeu de mot foireux a un sens, vous verez)

Entre le deuxième et le troisième, il y a eu comme un passage à vide. La diablesse qui est en moi s'est réveillée (Non, je ne permettrai pas le terme "salope". Naméo.), et m'a forcée à enchaîner les coups lamentables histoire de rassurer ma frustration. Ne me demandez pas à combien s'élève le taux de victimes consentantes, je ne vous dirai pas.

Vous vous demanderez donc qu'est-ce que ce deuxième a bien pu faire pour me mettre dans un état pareil?

Ce deuxième, que nous appellerons absolument pas anonymement Alex (et que même il lit ce blog et il commente sous le nom d'AleXx) est celui que j'ai dénommé dans ma super introduction comme ma presque âme soeur incompatible. Celui avec qui ça a duré six mois sur une période d'un an. On s'est engueulé environ un million de fois, on s'est quitté environ deux millions de fois pour se remettre ensemble trois jours après avec des larmes et une compensation exquise réservée aux grandes personnes. Même que son coloc, unique témoin de toute notre histoire, voyait notre vie comme un feuilleton.

Je suis restée en bons rapports avec ce deuxième, alors que la logique voudrait qu'on s'éloigne et qu'on finisse par s'oublier.

La semaine dernière, il est venu quelques jours à Dublin. La semaine dernière, Super_Coloc_qui_s'endort_comme_une_merde a découvert que non, je ne suis pas lesbienne. La semaine dernière, mes cinq colocs se sont dit qu'ils ne me demanderont plus jamais "How was your date?" quand je sortirai le soir. La semaine dernière, j'ai quand même pris conscience que oui, quand même, mon psy, si j'en avais un, serait face à un cas étrange.

J'ai eu beau dire à mes Polonais que non, nous ne sommes pas ensembles et que Alex est un ex (on admire la rime au passage), ils ne m'ont pas crue. Pour eux, quand deux personnes s'embrassent et qui en plus dorment dans le même lit une place dans les bras l'un de l'autre, on en déduit indubitablement que ces deux personnes sont ensembles.

Ils ont pas tort. Sauf que oui, nous sommes restés très proches et très affectueux, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, pour la énième fois on a été tenté de faire grincer les ressorts de mon lit, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, j'ai encore chialé alors que de mon corps bouillonnant irradiait un désir profond et une folle envie qu'on se remette ensemble, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, on a tous les deux des vies sentimentales déplorables et on pense toujours l'un à l'autre, mais non, nous ne sommes plus ensembles.Oui, j'ai encore déprimé quand il est reparti, mais non, nous ne sommes plus ensembles.

Et c'est là que Psy_si_j'en_avais_un ne manquerait pas de me demander pourquoi donc, Mademoiselle, vous n'êtes plus ensembles, alors que de ce que vous me racontez, vous semblez tous les deux plus compatibles encore qu'un steak avec des frites? Et c'est là que je me sentirais obligée de répondre que je trouve sa comparaison foireuse, mais que pour répondre à sa question, le mot clef serait "passion". Il me demanderait alors qu'est-ce qu'un fruit vient faire dans la conversation. Il faudrait que je lui réponde que je ne parle pas des fruits de la passion, mais de la passion, n.f., mouvement violent de l'âme, émotion très forte et durable qui vainc la raison, amour extrême, désir très vif. (dixit Mediadico)
(Voilà pourquoi je refuse d'aller voir un psy, ils comprennent jamais rien).

"Passion". C'est bien le terme. Avec Alex, on ne pouvait pas se séparer deux minutes sans s'appeler et chialer comme des morues. On ne se quittait jamais d'une semelle, on ne pouvait littéralement pas vivre l'un sans l'autre.
Comme tout couple le sait, y'a besoin pourtant d'une certaine distance parfois, c'est bien pour ça qu'on s'engueulait tout le temps. Mais comme un manque se faisait sentir on se remettait ensembles.

Âmes soeurs, certes, mais incompatibles. C'était devenu invivable cette situation. Dans les films, quand on voit les amoureux transis qui se suicident ensembles pour vivre ensembles pour toujours, ben c'était nous. Sauf qu'on s'est pas suicidé, on s'est séparé. Mais définitivement, cette fois. On a essayé de vivre chacun de notre côté. On était toujours jaloux à crever des nouvelles conquêtes de l'autre, on se retenait de coucher ensemble à chaque fois qu'on se voyait.

Mais, Mademoiselle, c'est ça l'Amour. N'importe qui envierait votre situation!
Je me sentirais obligée de quitter le canapé de chez Monsieur le Psy et me casser sans payer.

Non, il n'y a rien d'enviable là-dedans. Alex, c'est Monsieur Psychose puissance 10 (Sauf qu'avec Monsieur Psychose, j'ai poussé jusqu'aux pensées glauques d'un trop plein de déprimes, d'autant plus que je pensais avoir rencontré la personne susceptible de me faire oublier ce deuxième) (Mais là n'est pas le sujet, Monsieur Psychose est encore un plus gros connard que ce troisième) (Bref, passons).
Tout ce que je ressens, c'est indescriptible. On sait juste tous les deux qu'on ferrait de parfaits amants mais que vivre ensemble serait impossible. A mes yeux, il est parfait, c'est ma moitié, mais on reste inconciliables. Sauf si on se paye une opération pour devenir siamois. C'est cruel, mais c'est comme ça. On se voit beaucoup moins depuis qu'Alex a déménagé à Thionville. Tant mieux, en même temps. Et même, mes amis de ces dernières années ne le connaissent pas. Tant mieux, en même temps.

Et de là je me demande quand même ce que vous en pensez, vous. Personne n'a l'air de comprendre cette histoire de passion. Pour tout le monde, j'ai de la chance d'avoir trouvé ma moitié, je ne suis pas à plaindre, etc etc... Que je ferais bien de re-coucher avec lui pour calmer mes hormones et mes longues complaintes de célibataire aigrie (alors qu'on sait tous les deux où ça mènera, et je sais pertinemment que le retour sera encore plus brutal que par le passé) (et que Monsieur Psychose, ce sera de la Vache qui Rit à côté d'un Munster de dix ans d'âge qui a fermenté dans une cave) (c'est la faute à Psy_que_je_n'ai_pas les comparaisons foireuses).
Et au final, c'est quoi qui me bloque pour me dégoter un quatrième? Le deuxième? Le troisième? Les z'abritusses entre le deuxième et le troisième? Monsieur Psychose? Rien du tout, j'suis juste difficile? Je peux utiliser le 50-50, Jean-Pierre? En s'en fou démerde toi toute seule, connasse, j'aimerais bien être à ta place? Tape toi Coloc_qui_s'endort_comme_une_merde et ne nous fait plus chier?

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Petit manuel pratique à l'usage du Dublinois (2ème partie)

Deuxième chapitre : L'art de se fondre dans la masse


Si vous ne voulez pas passer pour le gros touriste de base, il est nécessaire de connaître les styles vestimentaire et capillaire de nos amis les Irlandais. Déjà, vous commencez par oublier le gros appareil photo, le bob et les grosses capes de pluies jaunes. Vous éviter d'aller acheter vos chapeaux verts de lutin avec des nattes rousses qui dépassent.

Passons maintenant à ce à quoi vous devez ressembler. Gros relooking en perspective.

 
I. Comment ressembler à une Dublinoise


Dans l'imaginaire collectif, une Irlandaise, c'est une rousse frisée aux yeux verts, habillée en vert façon lutin avec une pinte de Guinness à la main.
Que nenni, Méssieudames. Désolée de vous décevoir, mais pas à Dublin, en tout cas.

Alors pour les fringues, vous avez le choix entre :
- Les joggings roses pétants,
- Les trucs colorés flashy et dépareillés (J'ai pas d'image, mais si vous connaissez "Sugar Rush" (oui, j'assume, j'adore cette série), ben les vêtements de Sugar, ça donne un bon aperçu),
- Les trucs mini mini mini et les hauts moulants et/ou décolletés.
En fait, habillez-vous n'importe comment, ça fera illusion (Ca devrait vous donner des idées. Y'a des trucs particulièrement chelou dans le tas).
Vous voyez "Ugly Betty" (oui, j'assume, j'adore cette série)? Ben à côté, Betty elle est bien fringuée.
Le soir, quand vous vous baladez dans Temple Bar, c'est tenue mini exigée. Vous en faites pas pour le froid, vous pourrez vous réchauffer en dansant sur les tables des pubs.

Pour la coiffure, il faut avoir un peu d'imagination :
- Soit c'est du blond pouffiasse-barbie très faux (si on peut voir quelques racines noires, c'est encore mieux),
- Soit c'est un mélange étrange entre blond, brun, noir,
- Soit c'est une coupe de cheveux de rebelles des années 80 façon punk (véridique, et y'en a pas qu'un peu).
A noter qu'une coupe de cheveux chelou fera l'affaire. Si vous êtes rousse, surtout colorez-vous d'une autre teinte.
 
Les chaussures seront de préférence surprenantes et colorées. Les trucs à carreaux ou avec des motifs sont privilégiés.

Ne pas oublier bien sûr le maquillage (environ 1/2 boîte de fond de teint quotidiennement) à utiliser avec des gants de boxe. Plus c'est voyant, mieux c'est.

Pour adopter l'attitude d'une collégienne-lycéenne Dublinoise, il faut se comporter comme nos Françaises hormonées en puissance 4. Avec des cris hystériques de groupie, des rires aigus de cochons qu'on égorge et des chants approximatifs sur la musique qu'elles font bien entendu écouter à tout le monde.

Pour ressembler aux Dublinoises ayant dépassé l'âge ingrat, le sourire et la gentillesse sont de rigueur. Et on abandonnera les habits de clubbeuses.

Bon, en vrai, en cherchant bien, on peut trouver des jolies lutines rousses.
Je pense.
 
 
II. Comment ressembler à un Dublinois


Là, ça va être très simple : Soyez simple.
(Non, z'êtes pas obligés de ressembler à Colin Farrell)

Alors que je vous explique la simplicité.
Oubliez les coiffures tecktoniks et autres aberrations de la nature. Si vous êtes roux, c'est encore mieux. De ce que j'ai vu, la population de rousseur masculine est plus élevée que son homologue féminine. Et rien ne se démarque dans leur façon de s'habiller, si ce n'est que j'ai pas vu de mecs en slim.

Oui, le Dublinois de base est plus attirant que le Parisien de base. Désolée, hein.

(D'ailleurs ça se voit, depuis que je suis passée en network "Ireland" sur Facebook, j'ai plus de grosses horreurs sur "Are you interested?" :p)


(J'ai eu un mal fou à trouver des photos de rousses frisotées. J'ai même du trainer sur des sites de rencontres... Monsieur coloc qui s'endort sur des sites bizarres doit penser que je suis lesbienne maintenant)
(Je tiens à remercier tous les Skyblogs pour leurs supers photos)
  

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