Exorciser mes vieux démons...

Portrait de famille

Lundi dernier, j'ai vu l'un de mes cousins. Fait qui s'avèrerait d'une grande futilité, si ce n'est que je ne l'ai pas vu... depuis 13 ans. A l'époque, j'avais 9 ans, il en avait 12. C'était sa profession de foi. Je me souviens même que j'étais amoureuse de lui. Oui, de mon cousin. En même temps, à l'époque je changeais d'amoureux toutes les semaines.
 
Rewind. Stop.
 
Début juillet 2008.
Je communique régulièrement par SMS avec mémé Mona (oui, j'ai une grand-mère hyper fashion) (même qu'elle écrit parfois en SMS et que même papa Mona comprend rien et dit "Ah la vieillesse, c'est plus ce que c'était..."). Mémé Mona m'a appris que mon cousin passait deux semaines en Irlande pour donner des cours de français. J'ai donc mitraillé ma grand-mère (de textos, je tue pas les gentilles grands-mères), lui demandant de me filer toutes les coordonnées possibles et inimaginables pour que je puisse joindre mon cousin. Hélas, le cousin n'était point à Dublin (admirez les rimes au passage). Nous étions tous les deux dépités de ne s'être point croisés, alors que ça aurait été une bonne occasion.
 
1er août 2008.
Je reçois un coup de fil sur mon portable français. Numéro que je ne connais pas. Je réponds pas, surtout que ça me bouffe du crédit de répondre. Sauf que ça insistait, alors j'ai fini par décrocher. C'était le frère de cousin Mona (donc un autre cousin, si vous suivez bien) (que je n'ai pas vu depuis 13 ans non plus). Il m'annonçait qu'il voulait fêter l'anniversaire de mémé Mona et me demandait mes disponibilités.
Bref, blabla, toussa.
Puis il me passe cousin Mona (son frère donc, celui dont je parle depuis le début, suivez un peu, merde!), qui m'annonce qu'il sera deux jours à Dublin le lundi même. Youpiiii!
 
4 août 2008.
Je reçois donc un SMS de cousin Mona, me donnant rendez-vous à 21H30 à Temple Bar. J'y suis à 21H15. Sachant que je leur prévois 15 minutes de retard, j'ai donc une demie-heure à tuer.
Sauf qu'il s'est pointé à 22H30, et que j'ai eu le temps de prendre des nouvelles de tout mon répertoire téléphonique entre temps. 
Passons. 
Donc il arrive à Temple Bar, lui et toute la marmaille d'adolescents dont il fait le guide touristique. On met environ 4H à se repérer. Je constate avec satisfaction qu'inceste il n'y aura point. Dans mes souvenirs, il était plus mignon. Ceci dit, j'aurais été incapable de le reconnaître dans la rue.
Ils me chargent tous de trouver un pub sympa où ils ne demanderont point de carte d'identité, vu que la marmaille est mineure. Je me dis que c'est pas gagné, vu que même moi je dois toujours sortir mon passeport, et que même nos garçons sont trop boutonneux et pas assez moustachus pour faire illusion. On se fait rejeter dans l'un. On s'infiltre en douce dans un deuxième. Les grands, majeurs et vaccinés (on était 4) commandent de la Guinness pour tout le monde (une dizaine).
Hop. Tout le monde s'installe, sirote sa bière, et moi je me mets au courant avec cousin Mona sur les histoires de famille. Je lui demande si à tout hasard, on aurait pas un cousin d'Amérique caché qui pourrait nous léguer sa fortune pasque je suis à sec. Hélas, il me fait signe que non dans un soupir. En moins d'une heure, on se met à jour sur nos vies actuelles, puis vient l'heure de prendre le bus. Je prends une rapide photo de cousin Mona (suivit des flash de toute la marmaille qui a trouvé que mon idée était fabuleuse) (alors que nous étions là incognito et qu'il valait mieux qu'ils se fassent oublier pour ne pas se faire repérer et se faire mettre à la porte...).
Hop hop, rapide au revoir, on se reverra demain.
 
5 août 2008. 
SMS à cousin Mona lui demandant quand est ce qu'il sera dispo. J'attends, j'attend, j'attends. SMS à 23H30 me disant qu'ils (lui et sa marmaille) décollent seulement vers Temple Bar. Ce à quoi je réponds que c'est mort pour moi puisque c'est l'heure de mon dernier bus.
 
Du coup, après 13 ans, j'aurais vu mon cousin 45 minutes. Le Dieu des cousins est un salaud.
 

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[Non, je ne me suis pas (encore) fait bouffer par un mouton]

La vie suit son cours. A l'euphorie des premiers jours, a succédé une espèce de routine ennuyante. Je me reverrais presque revenue quatre mois en arrière, alors que la seule idée qui me trottait dans la tête était de me faire faucher par un train, un peu comme une Marguerite qui aurait choisi de venir brouter sur les rails (je sais, mes métaphores sont toujours aussi foireuses).

Sauf que.
 
Même pas.
Certes, ma vie ici est parfois résolument ennuyeuse et déprimante, mais y'a quelque chose qui me pousse quand même à aller de l'avant, et à ne pas repenser à quelques trucs glauques. Je ne suis pas encore prête à rentrer en France, ma thérapie n'est pas terminée.

J'en suis à mon deuxième boulot. J'ai eu un peu plus de mal à le dégoter celui-là. C'était pas tellement la bonne période, avec tout l'exode de Français venus chercher du boulot pour l'été.
Tout était bouché dans le graphisme, je me suis résolue à chercher du boulot dans une autre branche. Travailler dans les call centers me faisait mortellement chier. Ca tombe bien, ils voulaient pas de moi. Et puis, en trafiquant mon CV (comme environ 90% des gens), j'ai dégoté un boulot bien payé comme linguist reviewer (me demandez pas la traduction française, j'en sais strictement rien).
 
Faut quand même que je dise que les employeurs irlandais font vachement confiance. Ils m'ont demandé une référence de ma supposée ancienne boîte où j'étais censée avoir déjà travaillé comme linguist reviewer.
Merde.
J'me suis dit que j'allais briefer quelqu'un de mon ancienne boîte où je travaillais comme coloriste (qui a quand même pour avantage d'être un organisme de langues), et j'ai finalement opté pour une solution plus radicale. J'ai appelé papa Mona en lui demandant de se faire passer pour mon ancien employeur. On a créé une adresse mail pour l'occasion, on a inventé un nom (qui s'avère en fait être celui d'un guide de haute montagne), et il a joué le rôle de mon ancien employeur, bien entendu super content de moi. J'ai été engagée le jour même, sans même qu'aucune vérification ne fusse faite, sans même aucun entretien.

Mon boulot est chiant. Enfin, pas vraiment chiant, mais disons que je suis payée à l'heure et que je dois travailler supra lentement si je veux gagner mes 144€ quotidien. Et j'aime les imprévus, du style quand on vient me demander de prêter ma voix pour vanter les mérites de leur entreprise. Me voilà embarquée dans les studios d'enregistrement, et ils sont même ravis de voir que je sais déjà comment ça fonctionne puisque j'ai déjà fait ça plusieurs fois auparavant (certes, "les fois auparavant" se résumaient à chanter, gueuler et parler avec une voix gonflée à l'hélium, ce qui, je vous l'accorde, n'avait rien de sérieux).
 
Mieux encore. Aujourd'hui, ils ont paumé mes documents à reviewer (cherchez pas, c'est pas dans le dico). Je suis donc rentrée chez moi, tout en sachant que ma journée de glandouille sera payée.
Bref, mon boulot me plaît, même si ce n'est pas dans ma voie. Ca me fait une expérience nouvelle, mes collègues sont de toutes nationalités et sont adorables, et surtout ces 18€/heure sans expérience ont quelque chose d'attrayant (surtout quand je sais par ma collègue Allemande qui est payée 28€/heure que je pourrai prétendre à un meilleur salaire à l'avenir). C'est sûr que ce n'est pas le genre de trucs que j'aimerais faire toute ma vie, mais pour deux petits mois, cela ne me dérange pas.

Je cherche un autre boulot pour le soir, comme serveuse, ramasseuse de verres ou autre trucs chiants. De ce côté là, j'ai un bon contact, rencontré à l'aéroport, qui travaille comme serveur dans un resto 5 étoiles et qui gagne 200€ de pourboires par soir et qui pourrait peut être me pistonner. A suivre.

Le boulot va bien, donc.

Pour ce qui est du bel Irlandais pour occuper mes nuits, c'est pas encore ça.

Y'en a bien un qui me plaisait, mais non seulement il m'a mis une ratatouille à la Wii, mais en plus, pire que tout, il a déjà une copine. C'est nul.

Y'a bien mon contact d'aéroport qui disait à peu près à toutes ses phrases que j'étais, je cite, "une belle femme", et que j'ai fini par remettre à sa place en lui disant que j'avais un copain à Paris (rappelons que c'est mon contact de prestige 5 étoiles, vous comprendrez que, manipulatrice comme je peux être parfois, je ne l'ai point envoyé paître).

Y'a bien mon coloc sur qui je fantasme parfois (mais c'est juste pasque je le mets en gage de lire l'étiquette de Chiroubles pour avoir droit de le boire, et qu'il a un accent délicieusement pourri en lisant l'histoire des vignes de Bourgogne). Suffit que je le vois débouler en short avec ses espèces de sandales rouges immondes pour déchanter illico presto. En plus, il n'a de beau que le sourire.
 
Y'a bien un certain Gabriel qui, selon ma coloc, est amoureux de moi par tous les éloges qu'elle lui fait de moi. Sauf que le Gabriel en question ne m'a jamais vue. Et vice versa.

Oh et puis, mes colocs sont persuadés que j'ai quelqu'un dans ma vie. Pasque depuis quelques jours, je sors tous les soirs. Y'a même un soir où j'ai découché de manière imprévue, et ils n'ont pas été convaincus par le fait que je puisse aller chez une copine mater un DVD et que, dernier bus raté oblige, je suis restée dormir chez elle.

La vie est une chienne.
 
Et puis, je visite l'Irlande. J'ai rencontré une fille avec qui je m'entends merveilleusement bien, qui a en plus comme qualité de travailler dans le tourisme et qui, de se fait, peut louer une voiture pour 20€ par jour et avoir des tarifs d'hôtels. Un séjour dans le Connemara - Achill Island etc pour moins de 150€, c'est pas donné à tout le monde. Et y'a rien de mieux que les voyages et les paysages peuplés uniquement de moutons pour se ressourcer.

Et parfois, donc, je me fais chier. Je repense à Monsieur Psychose et compagnie, je reste cloîtrée comme une none dans ma chambre au lieu de sortir toute seule pour lier connaissance avec quelques beaux mâles dans un quelconque pub. Je m'occupe comme je peux, avec mes bouquins, mon carnet de voyage ou les films et séries que je suis obligée de télécharger (ah oui, j'ai piraté le réseau internet du voisin au fait, le mien ayant rendu l'âme) puisque ciné, y'a plus.
 
Et puis j'ai l'impression que la distance fait qu'on m'oublie. Je ne suis pas venue en Irlande en oubliant mes amis laissés en France, mais l'inverse s'opère.
Pas tous, puisque y'en a déjà qui sont venus me rendre visite et y'en a d'autres qui ont planifié une venue prochaine. D'ailleurs, à ce propos, je vais bientôt revoir ex Monsieur Obsession qui n'a plus d'obsession que le nom.
 
Je suis devenue obèse, je connais les moyens de gruger dans le bus, je sais où acheter de l'échalote ou que je ne trouverai pas d'avocat à moins de 1€02, j'ai abandonné l'idée d'apprendre à mes colocs à pisser droit, je ne panique plus quand je dois téléphoner en anglais, je sais qu'on me demandera toujours ma carte d'identité pour rentrer au Czech Inn... Et mon violoncelle me manque.
 
Concernant les news parisiennes, maman Mona va suivre une thérapie. Pas tellement anodine, puisqu'il y a des tas d'effets secondaires pas glop et qu'elle risque d'arrêter de travailler en septembre.
 
Voilà, c'est à peu près tout.

    

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Mona against the machine

(Je me rends compte que dans ma tentative de faire un jeu de
mot foireux dans le titre, ça donne aussi un titre psychosant à mort. J'suis con, des fois, quand je m'y mets).

Je crois que je dégage des ondes bizarres. Je suis même plus nocive qu'un micro-onde.
C'est simple, tout ce qui est électronique ou qui marche à l'électricité finit par déconner à mon contact. 

Je ne parlerai pas de mon PC, pour éviter que Mademoiselle décide de planter. Parlons plutôt de mes deux téléphones, qui ont plusse merdé en deux semaines que pendant toute mon existence.

Mercredi 11 juin. Mon portable français, qui déconnait déjà particulièrement, a déconné encore plusse. Il ne s'allumait plus, il fallait rabattre et réouvrir le clapet environ 50 millions de fois avant qu'il ne parvienne enfin à daigner s'allumer. Il a définitivement rendu l'âme le jeudi, en France, à l'âge de un an et demi. Ce qui me fait chier pasque 1) Je l'aimais bien mon petit portable non retrouvable 2) J'ai tout plein de données que je n'ai pu récupérer 3) Il n'avait qu'un an et demi, quoi...
Papa Mona a essayé de me le réparer, démonter, remonter, en vain.

Ce même jeudi, c'est mon portable irlandais qui a commencé à déconner. Il ne se verrouillait plus, il se bloquait lors de l'envoi de SMS. Bref, j'ai pété un plomb, j'ai menacé de le décapiter et de le balancer par la fenêtre.

Le dimanche 15, j'ai commandé un nouveau portable français. Tout beau, tout niquel. Ce qui me fait chier, c'est qu'il a un appareil photo (pour moi, un téléphone, c'est fait pour téléphoner, point barre), mais il est super top.

Lundi 16, retour en Irlande. Comme par magie, mon portable irlandais qui m'avait bien fait chier tout son séjour en France a remarché niquel. Moi qui songeais le faire échanger, ben c'était plus la peine. Il ne subsistait plus aucune trace de ses déboires passés. Papa Mona a supposé que c'était la météo française qui ne lui convenait pas.

Lundi 23, je suis allée chercher mon new téléphone français à la Poste. Incroyablement génial. Si je n'avais pas perdu une partie de mes données de mon ancien tel, j'aurais presque été contente qu'il rende l'âme.

Vendredi 27. Mon tel irlandais s'est vu rechargé de 10€ sans que je lui demande rien. Panique à bord, si ces connards m'ont prélevé 10€ sans me demander mon avis, je crise. Demande d'aide à papa Mona. Il ne comprend pas non plus le principe des rechargements irlandais (leur mode d'emploi est du vrai charabia), mais il semblerait qu'on m'offre 10€ gratuitement. Bon, tant mieux.
(Si vous êtes irlandais et que vous avez un crédit à cartes Vodafone, svp, expliquez-moi quand il faut recharger et qu'est-ce que c'est que ces 10€ offerts, because moi pas comprendre). 
Tout est bien qui fini bien.

Samedi 28. Mon crédit français est épuisé. Panique à bord. Archi pas normal, il me restait une trentaine d'euros deux semaines plus tôt. Je demande à papa Mona de me le recharger et de m'avancer les sous, mais quand même, c'est pas normal.

Dimanche 29. Portable rechargé. Je fais une recherche pour comprendre le problème de ce crédit expiré rapidement, et je tombe sur ça. En gros je me suis fait arnaquer depuis que j'ai mon nouveau portable, et ça me met dans une rage folle. C'est sûr qu'à 30 cents le SMS, le crédit part forcément vite...
J'envoie un SMS à papa Mona pour le remercier de m'avoir rechargé mon tel et lui dire que c'est absolument dégueulasse cette arnaque. (D'ailleurs, rien que pour ça, j'ai beau aimer mon tel, je n'en ferai pas de pub...).

Sauf que... le SMS ne s'envoie pas. Depuis que j'ai rechargé mon téléphone, et quelque soit le paramétrage réduit ou complet, les SMS ne partent plus, avec pour message d'erreur "Messages non supportés par le réseau. Contactez votre prestataire de services."

Ben voyons.
Oh rage, Oh désespoir!
Environ 23ème mail envoyé à papa Mona comportant le sujet "Problème portable" le suppliant de m'aider à résoudre ce putain de problème.

Et hop, comme par magie, tout remarche niquel.

Au final, à ce jour : Mon tel irlandais marche niquel. Mon new tel français marche niquel. Ma ex tel français marche plus du tout, faudrait que j'aille le faire réparer pour récupérer mes données.

Du coup, dans ma piaule, j'ai 4 portables : L'irlandais, le new français, l'ancien français qui a rendu l'âme et le vieux avant l'ancien qui a pris la flotte mais qui marche toujours très bien et qui m'a dépanné quand son successeur a mouru. Ca fait un peu caverne d'Ali Baba rétro. (En fait, y'en manque plus qu'un, et on a le total de tous les téléphones que j'aurais eu dans ma vie...).

On parie que demain, y'a un des deux fonctionnels qui me fait à nouveau des misères? 


(J'offre une Guinness à celui qui devine lequel est lequel...) (En même temps, c'est pas dur à deviner)
  

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Affaire à suivre, donc...

 (disait Aleks)
 
Vous vous souvenez tous naturellement, en fervents lecteurs que vous êtes, de ma rencontre avec un certain John qui ne s'appelle pas John.
Et bien figurez vous que je l'ai recroisé, ici, à Dublin.

Bon, pas vraiment par hasard. Disons que je lui avais envoyé un mail une semaine avant histoire de savoir quand son CD sortirait. Il s'avérait qu'il devait aller en Irlande pour le mariage d'un pote de son frère et qu'il avait prévu un passage express à Dublin.
 
Bon. Donc John a été content de dégoter (enfin) mon numéro. En même temps, dans un an il sera plus valide, alors je m'en balance un peu les cotillons (oui, j'ai de belles expressions).

Bref. Donc lundi, on s'est revu. Après environ 70 conversations téléphoniques ("Mais t'es dans quelle rue?" "Wait, I arrive bientôt" "Euh ok, mais when tu arrives?"). 
Finalement je crois que mon anglais s'est quand même amélioré, puisque je comprenais plusse qu'à notre première rencontre quand il parlait dans sa langue maternelle. Naturellement, on a eu droit à un superbe mélange de franco-anglais.

Direction mon pub favori où j'ai eu droit à une pinte de Guinness gratos.
Et c'est là que ça se corce.
 
Disons que le dénommé John avait des mains un peu beaucoup baladeuses. Je l'ai remis à sa place quand il a essayé de m'embrasser et que je lui ai balancé un magnifique "I have a boyfriend in Paris".
 
- Oh, really?
- Yes! So, don't touch me! (sic)
- Oh, I didn't know!
- Ben tu sais, maintenant...
- Mais je t'aime bien quand même!
 
"-_- 
 
A partir de là, il a rangé ses mains. Au moins, j'aurais finalement enfin compris ce qu'il voulait. A savoir ce que veulent environ 99% des mecs quand ils nous abordent dans la rue.

Bon. Donc, après le pub, un de ses potes nous a rejoint (anglais, donc c'est bien on a arrêté le franglishisme). Nos deux compères avaient faims et comme ils aiment énormément la bouffe irlandaise, ils m'ont emmenée dans un resto africain. A noter qu'on a pris la bagnole du  pote, dans laquelle trainait une Bible à côté de mon siège. Je me suis vue dépecée, écartelée, brûlée vive et démembrée sous des incantations du style "Inch'Allah".

Resto, nya nya, toussa.
Retour au City Center à la fin de la soirée. Moi pour prendre mon bus. John pour négocier.
Pasqu'il devait prendre l'avion super tôt le matin et que son pote habite le royaume de Far Far Away (comprendre Pétaouchnok les Oies). Et de sa voix plaintive m'a demandé si je pouvais l'héberger. Ce à quoi j'ai répondu que y'avait pas de place chez moi because y'avait déjà des invités (ce qui était à moitié vrai, puisque depuis deux semaines, y'a le frère de Michael qui squatte) (et en cherchant bien, j'suis sûre qu'on peut trouver quelques souris qu'on peut qualifier provisoirement d'invitées). Je lui ai donc conseillé de faire nuit blanche dans un pub.
 
Bon.
Je suis ingrate.
En même temps, l'avait qu'à ranger ses mains.
On s'est dit en revoir. J'ai quand même passé une bonne soirée (à partir du moment où il a viré ses pattes). Et j'ai appris plein de vocabulaire.
Le soir, éternelle question de ce cher coloc que je ne vous présente plus. J'y ai droit à chaque fois que je sors toute seule.
"How was your date?".
Suivi d'un regard noir de ma part et de mon éternelle réponse "That was not a date!".
Suivi d'un sourire narquois et d'un "I know"...
 
Tu vas l'avoir ta video gay, toi. Naméo.

[Bientôt le deuxième épisode du manuel du petit Dublinois] [Ou du petit manuel du Dublinois, je sais plus] [Enfin la suite du guide pour les paumés, quoi]
 

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Y'a des détails qui trompent pas... Y'a trois mecs qu'habitent chez moi


Musique de presque circonstance (pas dur, hein...) :
Bénabar - Y'a une fille qu'habite chez moi 
 
Ewa est repartie dans sa Pologne profonde pour une semaine, ce qui fait que me voilà seule avec trois z'abritusses. Et ça se voit. Rappelons que je suis bordélique de nature, je dois avoir des gènes de mec dans le sang, donc ça n'aide vraiment pas pour y remédier.
 
D'habitude, l'appart est plus ou moins en bordel. Depuis qu'on est plus que quatre, c'est plus un bordel, c'est une déchetterie.

Allez, on commence par le salon.
Alors, bien entendu, les canettes de bières jonchent à peu près tous les recoins de la pièce et squattent bien entendu toutes les tables.

Ensuite, la cuisine.
La vaisselle, bien entendu haute comme une montagne, n'est bien entendu pas faite. Les poubelles sont bien entendu pleines comme des femmes enceintes de 9 mois ('scusez la comparaison). D'ailleurs, des tas de poubelles de substitution se sont bien entendu créés. La table n'est bien entendu pas débarrassée, et on peut encore admirer les restes de repas de la veille (et du jour d'avant la veille) (et même du jour d'avant le jour de la veille). Le lave-vaisselle n'est bien entendu pas débarrassé et il reste encore les trucs propres que tout le monde a bien entendu la flemme de ranger.
Je vous passerai le détail du contenu des placards. Y'a quelques trucs moisis par-ci par-là.

Les chambres. Bien entendu, aucun des lits n'est fait.
On commence par la mienne. Dans un coin, un tas de linge sale (où l'on peut voit bien en évidence mes magnifiques dessous sexy). Bien entendu, le linge propre est une espèce de gros tas informe non repassé (en même temps, y'a pas de fer à repasser). On admirera ma table de nuit couverte bien entendu de bordel divers et varié. Avec un peu de chance, je vais peut être retrouver mes écouteurs que j'ai paumés.
La chambre d'Artur et Maciek. Mention spéciale à Artur dont le bordel dépasse je crois tout le monde. On admirera l'espèce de ligne imaginaire entre le coin d'Artur et celui de Maciek, ce dernier ayant un endroit quand même relativement rangé.
La chambre d'Ewa et de Michael est super grande, on voit moins le bordel, mais bon, suffit de voir les rouleaux de PQ qui trainent négligemment n'importe où pour se dire que non, c'est définitivement pas rangé chez eux non plus.

Les chiottes.
Ah, mon endroit préféré. Il arrive, parfois souvent, que ces Messieurs oublient de rabattre la lunette des WC. Je suis désolée, je ne peux vous épargner cette vision d'horreur qui est mienne à chaque fois que ça m'arrive. Non, vraiment. Et le pire, c'est que j'ai déjà nettoyé y'a trois jours. Du coup, j'suis en train de préparer un dessin histoire de leur rappeler de baisser la lunette ou de viser le bon endroit quand ils pissent sinon je gueule que c'est des gros dégueulasses.
 
Vous me direz, mais au lieu de prendre des photos, tu pouvais pas nettoyer tout de fond en comble?!
Ben, si j'y ai pensé. Mais en plus d'être bordélique, j'suis toujours à la bourre, alors flûte, hein.

Bon, sinon, en rentrant le soir à la maison (super tard), que vois-je? C'était presque rangé, eh! Vaisselle faite, poubelles vidées, cadavres de bouteilles jetés, repas de la veille, de l'avant veille et de l'avant avant veille disparus. Devant mon air ébahi, Artur m'a dit que lui aussi il a cru qu'il s'était trompé de maison.

Bon, en vrai, je suis super  médisante. Sur les cinq, le moins bordélique, c'est même pas une fille, c'est Maciek. C'est toujours lui que je vois en train de faire le ménage. Comme quoi, hein...
 

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