Passion fruits
Non pas que je n'ai rien à raconter de ma vie trépidante avec mes Polonais et mes Irlandais, mais après concertation avec moi-même et ma presque âme soeur incompatible, il est temps de rendre à ce blog un digne hommage à son titre désuet.
Mettons les choses au clair, néanmoins. Ceci n'est pas un petit manuel à l'usage des amoureux en quête de positions sexuelles. D'une part pasque je n'aurai pas la prétention de dire que je suis incollable sur le sujet. D'autre part pasque c'est pas le but.
A partir de maintenant, on rigole plus.
J'ai eu trois mecs dans ma vie. Sachant que celui avec qui je suis restée le plus longtemps m'a supportée six mois. Au passage, faites un rapide calcul mental, et vous saurez que mon temps de célibat est largement supérieur au temps que Cupidon a daigné m'accorder.
Passons.
Le premier, on n'en parlera pas. C'était le premier, il se débrouillait bien, on s'est quitté en bons termes et puis on a continué nos vies jusqu'à se perdre de vue.
Le troisième, on n'en parlera pas. J'avais vaguement déjà évoqué les caractérisations spécifiques pour le classer dans la catégorie "Connard". Ce qui me fait chier dans l'histoire, c'est que c'est le dernier mec avec qui j'ai couché. On ne peut pas dire que je sois restée sur un bon souvenir du genre masculin. Au passage, faites un rapide calcul mental, et vous pourrez calculer mon long temps d'abstinence. Je suis sûre que les nonnes de Saint-Jean-Claude-Des-Fossés seraient prêtes à m'accueillir et faire abstraction de mes années de débauches révolues.
Passions. (Si, si, ce jeu de mot foireux a un sens, vous verez)
Entre le deuxième et le troisième, il y a eu comme un passage à vide. La diablesse qui est en moi s'est réveillée (Non, je ne permettrai pas le terme "salope". Naméo.), et m'a forcée à enchaîner les coups lamentables histoire de rassurer ma frustration. Ne me demandez pas à combien s'élève le taux de victimes consentantes, je ne vous dirai pas.
Vous vous demanderez donc qu'est-ce que ce deuxième a bien pu faire pour me mettre dans un état pareil?
Ce deuxième, que nous appellerons absolument pas anonymement Alex (et que même il lit ce blog et il commente sous le nom d'AleXx) est celui que j'ai dénommé dans ma super introduction comme ma presque âme soeur incompatible. Celui avec qui ça a duré six mois sur une période d'un an. On s'est engueulé environ un million de fois, on s'est quitté environ deux millions de fois pour se remettre ensemble trois jours après avec des larmes et une compensation exquise réservée aux grandes personnes. Même que son coloc, unique témoin de toute notre histoire, voyait notre vie comme un feuilleton.
Je suis restée en bons rapports avec ce deuxième, alors que la logique voudrait qu'on s'éloigne et qu'on finisse par s'oublier.
La semaine dernière, il est venu quelques jours à Dublin. La semaine dernière, Super_Coloc_qui_s'endort_comme_une_merde a découvert que non, je ne suis pas lesbienne. La semaine dernière, mes cinq colocs se sont dit qu'ils ne me demanderont plus jamais "How was your date?" quand je sortirai le soir. La semaine dernière, j'ai quand même pris conscience que oui, quand même, mon psy, si j'en avais un, serait face à un cas étrange.
J'ai eu beau dire à mes Polonais que non, nous ne sommes pas ensembles et que Alex est un ex (on admire la rime au passage), ils ne m'ont pas crue. Pour eux, quand deux personnes s'embrassent et qui en plus dorment dans le même lit une place dans les bras l'un de l'autre, on en déduit indubitablement que ces deux personnes sont ensembles.
Ils ont pas tort. Sauf que oui, nous sommes restés très proches et très affectueux, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, pour la énième fois on a été tenté de faire grincer les ressorts de mon lit, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, j'ai encore chialé alors que de mon corps bouillonnant irradiait un désir profond et une folle envie qu'on se remette ensemble, mais non, nous ne sommes plus ensembles. Oui, on a tous les deux des vies sentimentales déplorables et on pense toujours l'un à l'autre, mais non, nous ne sommes plus ensembles.Oui, j'ai encore déprimé quand il est reparti, mais non, nous ne sommes plus ensembles.
Et c'est là que Psy_si_j'en_avais_un ne manquerait pas de me demander pourquoi donc, Mademoiselle, vous n'êtes plus ensembles, alors que de ce que vous me racontez, vous semblez tous les deux plus compatibles encore qu'un steak avec des frites? Et c'est là que je me sentirais obligée de répondre que je trouve sa comparaison foireuse, mais que pour répondre à sa question, le mot clef serait "passion". Il me demanderait alors qu'est-ce qu'un fruit vient faire dans la conversation. Il faudrait que je lui réponde que je ne parle pas des fruits de la passion, mais de la passion, n.f., mouvement violent de l'âme, émotion très forte et durable qui vainc la raison, amour extrême, désir très vif. (dixit Mediadico)
(Voilà pourquoi je refuse d'aller voir un psy, ils comprennent jamais rien).
"Passion". C'est bien le terme. Avec Alex, on ne pouvait pas se séparer deux minutes sans s'appeler et chialer comme des morues. On ne se quittait jamais d'une semelle, on ne pouvait littéralement pas vivre l'un sans l'autre.
Comme tout couple le sait, y'a besoin pourtant d'une certaine distance parfois, c'est bien pour ça qu'on s'engueulait tout le temps. Mais comme un manque se faisait sentir on se remettait ensembles.
Âmes soeurs, certes, mais incompatibles. C'était devenu invivable cette situation. Dans les films, quand on voit les amoureux transis qui se suicident ensembles pour vivre ensembles pour toujours, ben c'était nous. Sauf qu'on s'est pas suicidé, on s'est séparé. Mais définitivement, cette fois. On a essayé de vivre chacun de notre côté. On était toujours jaloux à crever des nouvelles conquêtes de l'autre, on se retenait de coucher ensemble à chaque fois qu'on se voyait.
Mais, Mademoiselle, c'est ça l'Amour. N'importe qui envierait votre situation!
Je me sentirais obligée de quitter le canapé de chez Monsieur le Psy et me casser sans payer.
Non, il n'y a rien d'enviable là-dedans. Alex, c'est Monsieur Psychose puissance 10 (Sauf qu'avec Monsieur Psychose, j'ai poussé jusqu'aux pensées glauques d'un trop plein de déprimes, d'autant plus que je pensais avoir rencontré la personne susceptible de me faire oublier ce deuxième) (Mais là n'est pas le sujet, Monsieur Psychose est encore un plus gros connard que ce troisième) (Bref, passons).
Tout ce que je ressens, c'est indescriptible. On sait juste tous les deux qu'on ferrait de parfaits amants mais que vivre ensemble serait impossible. A mes yeux, il est parfait, c'est ma moitié, mais on reste inconciliables. Sauf si on se paye une opération pour devenir siamois. C'est cruel, mais c'est comme ça. On se voit beaucoup moins depuis qu'Alex a déménagé à Thionville. Tant mieux, en même temps. Et même, mes amis de ces dernières années ne le connaissent pas. Tant mieux, en même temps.
Et de là je me demande quand même ce que vous en pensez, vous. Personne n'a l'air de comprendre cette histoire de passion. Pour tout le monde, j'ai de la chance d'avoir trouvé ma moitié, je ne suis pas à plaindre, etc etc... Que je ferais bien de re-coucher avec lui pour calmer mes hormones et mes longues complaintes de célibataire aigrie (alors qu'on sait tous les deux où ça mènera, et je sais pertinemment que le retour sera encore plus brutal que par le passé) (et que Monsieur Psychose, ce sera de la Vache qui Rit à côté d'un Munster de dix ans d'âge qui a fermenté dans une cave) (c'est la faute à Psy_que_je_n'ai_pas les comparaisons foireuses).
Et au final, c'est quoi qui me bloque pour me dégoter un quatrième? Le deuxième? Le troisième? Les z'abritusses entre le deuxième et le troisième? Monsieur Psychose? Rien du tout, j'suis juste difficile? Je peux utiliser le 50-50, Jean-Pierre? En s'en fou démerde toi toute seule, connasse, j'aimerais bien être à ta place? Tape toi Coloc_qui_s'endort_comme_une_merde et ne nous fait plus chier?
Par Mona, Lundi 9 Juin 2008 à 00:03 GMT+1 dans Exorcisations (article, RSS)















