First day...

Mais.
Oui, pasque y'a un mais.
Ben je regrette absolument pas d'avoir décidé d'aller en Irlande à l'arrache, sans logement, sans boulot, sans contact, sans connaître la ville et avec mon accent bien pourri. Dimanche matin, je stressais comme une malade, et en fait, ben non... Dès le premier jour, je me suis sentie bien. Les gens sont absolument adOOOrables. Mais vraiment, quoi. Ici, c'est dépaysant.
5H30.
Levé difficile. J'ai à peine dormi cette nuit, pasque je repassais dans ma tête ma check list, persuadée d'avoir oublié quelque chose. Et puis le stress de l'inconnu mêlé à l'excitation, toussa.
6H00.
Engueulade avec papa Mona qui découvre l'étendue de mes bagages et pasque je lui réclame cadenas et étiquettes au dernier moment. Pour vous donner un aperçu, le total faisait à peu près les 2/3 de mon poids. Deux grosses valises blindées à mort, mon ordi portable, mon sac habituel, un sac de plans de Dublin et autre conneries vachement importantes. Un sachet de trucs que j'avais pas pu mettre dans mes valises blindées. Je suis une fille, certes. Mais pourtant j'ai réellement mis le strict nécessaire. Mais vraiment, quoi. J'aurais du prendre deux grosses valises et non deux moyennes. 33 kilos, c'est raisonnable, merde.
6H20.
Départ pour l'aéroport. Dans la voiture, j'essayais de blinder mes valises un peu plus en essayant d'y mettre mon sachet de trop. J'ai du me résigner à caler mes bottes dans mon sac "à main", relayant mon passeport au fond de tout ce bordel.
8H et des brouettes.
Arrivée à l'aéroport. J'étais en train de me demander comment j'allais pouvoir trimballer 40 kilos de bagages lorsque papa et maman Mona ne seraient plus là. 18 kilos d'excédent de bagages (vive Ryanair, soit disant "low-cost" mais qui taxe tout et n'importe quoi).
Bref. J'ai passé les contrôles sans problèmes, z'ont pas vu la bombe que je planquais dans mon sous-tif.
9H55.
Mon avion partait. Grand moment d'émotion. Je me suis mise à chialer, entre le stress, la joie, le goût de l'aventure, et une certaine symbolique dans le fait de laisser ses larmes en France. Ouais, comme une nouvelle vie quoi. Je vais pas philosopher là-dessus, je me comprends. Y'avait juste un trop plein de larmes dans mon corps à évacuer de toute urgence avant de quitter le pays.
10H20 (heure locale).
J'ai récupéré mes bagages, j'suis allée me renseigner à l'Office du Tourisme pour les bus, pour acheter une carte de transport (23€ une semaine, bordel!) et pour acheter un téléphone avec numéro irlandais. Et puis, avec mes 40 kilos de bagages et 5000L de volume, j'me suis dit que j'allais pas me faire chier et prendre le taxi pour aller à mon auberge de jeunesse. Surtout que j'avais strictement rien compris à ce que la nana de l'Office du Tourisme m'avait dit concernant les bus. Tant pis si je devais taxer, je voulais visiter la ville sans être chargée comme un baudet. 33€ et j'ai découvert la dure réalité de l'accent irlandais.
Mondieumondieumondieu.
11H et des brouettes.
Arrivée à mon auberge de jeunesse. J'ai eu grave du mal à piger ce qu'ils me disaient. Grand moment de désespoir. Au bout de 50 répétitions, 360 mimes pour désigner la feuille jaune ou la porte des bagages, on a finalement fini par se comprendre. Maintenant, les gens de l'accueil se souviennent de moi et se marrent à chaque fois que je dépose mon ordi portable le matin, à se rappeler la scène que je ne vous rapporterais pas pour ne pas faire de mal à mon ego.
Et après, que du bonheur.
12H.
J'ai posé mon cul sur un des bancs longeant Aston Quay. J'ai mis en marche mon téléphone (il est cool, il a même une lampe de poche intégrée!) et commencé à envoyer des supers SMS pour des visites d'apparts. J'avais donc trois visites de prévues. Problème, Mona et le sens de l'orientation, ça fait environ 50. Surtout que Mona ne sait pas lire les plans (de toute façon, elle n'avait pas de plan). Alors, comme une grosse larve, j'me suis contentée de demander mon chemin à un roux avec un accent de merde en train de se rouler un joint. J'ai rarement rencontré un mec aussi cool. Il m'a fait visiter Temple Bar, il m'a indiqué un bookshop pour que je m'achète un plan, il m'a mené dans le centre des bus, et m'a indiqué clairement quel bus je devais prendre et où, et en plus il m'a payé un plan des bus. Comme une conne, j'ai pas pris son numéro. Pourtant ça m'aurait fait plaisir de le revoir (il était moche hein, soyons clair). Bref, il m'a mise en confiance malgré ma grande difficulté à piger toutes ses paroles. Et il m'a appris que bus, on dit "bousse" et non "boeusse". Il a fallu quand même environ cinq minutes avant qu'il comprenne que je cherchais une station de bousse. Bref, je le bénis sur 90 générations.
Donc, visite d'apparts tout l'aprem. Je vous passe les détails des appels téléphoniques qui suivaient les SMS. C'était absolument catastrophique.
Le premier, 325€/mois, bien situé, super bien aménagé. Mais avec 4 polonais. Qui parlent certes couramment anglais, mais c'est des polonais (j'vais me sentir exclue quand ils se parleront entre eux!) et pas des étudiants. J'hésite. Si c'est des gens qui sont pas du genre à sortir tous les soirs faire la fête, c'est pas cool, quoi.
Le deuxième, 420€/mois, beaucoup moins cool. Avec deux filles, en plus. Mais c'est une Irlandaise et une Américaine bavarde. Quoi de mieux pour progresser en anglais, hum?!
Et les chauffeurs de bousses... Bidiou, eux c'est des Saints. Il faut savoir que les bousses à Dublin, c'est la merde. Y'a pas le nom des stations, faut demander au chauffeur si on veut atterrir au bon endroit. Et ils nous préviennent personnellement quand c'est notre station. Ils insistent même après pour savoir si on a pas besoin d'être guidés pour une adresse précise. Ils sont d'une patience infinie face à notre baragouinage de merde.
19H30.
A l'auberge dans ma chambre, j'ai parlé avec deux Ecossaises et une Américaine tout aussi sympathiques, avant d'aller me perdre dans Dublin visiter le 3ème appartement. Pas super l'appart,mais le mec qui m'a accueilli était aussi super adorable (moche aussi, hein). Et on dit pas "tchello", mais "tchelloooooooow" pour le violoncelle. Non mais.
Et puis j'ai traîné toute la soirée dans Temple Bar. Je me suis paumée environ 40 fois, mais ce fut bénéfique. La nuit, c'est super animé, y'a de la musique partout (et des gens bourrés aussi).
Sinon, j'ai relevé des trucs inhabituels ici. Par exemple, on trouve des mendiants à chaque coin de rue. Mais vraiment. Paris, c'est le désert à côté.
Les gens font pas la bise, on salue comme des mecs entre eux, et je me dis heureusement que j'ai des réflexes et que je me suis retenue au dernier moment. Rigolez pas, ça aurait été super embarrassant!
Ici, y'a pas de roux. Non, mais vraiment. P'tetre que la réputation de l'Irlande quant aux roux se justifie dans les campagnes profondes d'Irlande, mais à Dublin, quedal. Et les filles... Mon dieu, les filles. Elles se teignent toutes en blond. Et c'est pas du blond joli discret naturel. Nan, c'est du blond pétasse trop pas naturel. Et pour rajouter en rajouter une couche, elles se maquillent avec des gants de boxe. Je me sens belle des fois, si vous saviez...
Par Mona, Vendredi 18 Avril 2008 à 21:30 GMT+1 dans Taverne et blabla (article, RSS)












