Mon premier gynéco, ou l'art d'être traumatisée à vie
(J'aime toujours autant mes titres foireux qui attirent les pervers en tout genre)
Ca fait longtemps que je n'ai pas exorcisé de vieux trucs ignobles de mon passé. Allez, hop, une p'tite anecdote qui date de l'époque de mon bac de français. Ouais, ça date un peu quand même.
A cette époque, j'étais jeune et en bonne santé (ce qui ne veut pas dire que je suis vieille et malade, n'allez pas interpréter). Je ne m'étais jamais faite opérer. Bref l'insouciance totale du haut de mes 16 ans.
Une semaine avant mon oral de français, j'avais découvert qu'un truc clochait. Le truc se trouvait particulièrement mal placé. Deux jours avant mon oral, ça avait empiré, et ça commençait à faire mal. Il a bien fallu que je me décide à en parler à maman Mona.
Le truc en question se trouvait sur des parties gynécologiques, et déjà c'était pas fait pour me rassurer. A l'époque, j'étais super pudique, et même devant ma mère, ça me gênait de me mettre à poil. Depuis, ça me gêne toujours devant maman Mona, mais je peux faire du naturisme ou poser nue comme modèle sans problème.
Donc, Docteur maman Mona regarde, mais la gynécologie, c'est pas son domaine (les oreilles, bordel!). Du coup, elle appelle sa gynéco (qui est mon actuelle) et lui décrit les symptômes.
Le verdict tombe : bartholinite (elle est quand même douée, ma gynéco!). Pour ceux qui ont la flemme de se cultiver, je vais résumer : C'est une infection des glandes de Bartholin, ces dernières étant nécessaires pour sécrétion de liquide vaginal (en gros pour pas avoir mal quand un espèce de gros machin non identifié vient perturber votre flore vaginale) (si vous avez pas compris, désolée je peux rien pour vous).
Comment ça se soigne? Chirurgie.
Mondieumondieumondieu.
Le lendemain, veille du bac de français donc, j'avais tellement mal qu'il a fallu m'emmener à l'hosto. Horrible. J'avais un gynéco mâle (bordel, j'étais pure et innocente à l'époque, pudique comme pas possible, et complexée à souhait!) qui me lorgnait les parties, entouré d'une ribambelle d'étudiants. Aucun tact le mec, c'était à me dégoûter des gynécos à vie tellement il avait été exécrable et n'avait pas préservé mon intimité. Je veux bien que les étudiants apprennent, mais faudrait quand même ménager les patients.
(Faudra m'expliquer au passage comment ça se fait qu'il puisse exister des gynécos hommes, est-ce des pervers, des allumés?)
Je me souviens que j'ai pleuré, alors que je m'étais promis de ne pas le faire. C'était trop d'un seul coup. Moi qui me vantais de n'avoir jamais été opérée, ça commençait mal. En plus, on me disait que j'étais trop jeune pour attraper cette saloperie.
Bon, je ne décrirai pas les détails de l'opération toussa...
A noter juste que je sortais de l'hôpital le jour du bac. J'étais dans le coltard, je devais m'asseoir sur une bouée (on rigole pas!), et je n'étais pas prête pour mon oral. Maman Mona avait bien tenté de me lire mes fiches de français quand j'étais à l'hôpital, mais j'étais à moitié assommée par les médicaments, donc ce fut un peu inutile. Mes parents avaient quand même réussi à décaler mon oral à lundi (on était vendredi).
Sauf que lundi je ne me sentais pas tellement mieux. J'ai eu la chance de tomber sur un examinateur cool qui m'a mis 14 alors que j'avais fait un truc nul. Faut dire que j'en avais rajouté et que j'étais pâle comme un linge. Mais bon, comme je m'étais fait brimer à l'écrit et que je ne méritais pas la sale note que je m'étais payée (7... à moi, quand même!), ça compensait.
Bref. Je passerai le détail des visites de l'infirmière qui me faisait mes désinfections quotidiennes.
Quelques mois plus tard, retour à l'hosto. Il fallait m'enlever la glande de Bartholin infectieuse parce qu'il y avait des risques de réinfection. Toujours le même tact habituel des médecins. Toujours des ribambelles d'étudiants auxquels j'avais envie de dévisser la tête. Toujours les mêmes questions à la con.
Rien de bien particulier à raconter, sauf peut être que mon réveil en salle de réveil s'est relativement mal passé. Pour les détails, je ne m'en souviens plus. J'avais raconté tout en détail au batracien à une époque, mais je n'ai pas envie de relire mes mails parce que c'est pas le genre de trucs dont on aime se souvenir.
Sinon, pour une autre anecdote, racontée par maman Mona. Lorsqu'elle était étudiante, elle avait déjà assisté à un manque de tact d'un des ses professeurs qui exposait à ses élèves une maladie de peau d'une adolescente. Sans aucune gêne, il exhibait la poitrine de la patiente à ses étudiants, et la gamine tentait tant bien que mal de remonter le drap sur elle. Le prof rabaissait le drap à chaque fois, laissant la pauvre fille tétanisée. En tout cas, ça avait aussi marqué maman Mona puisqu'elle s'en souvient encore.
Mais bon, tout ça pour énoncer aussi une triste réalité qui j'espère vous fera réagir, Mesdemoiselles et Mesdames. Une réalité que je tiens de source sûre. Enfin, vous êtes sûrement déjà au courant, mais vous n'avez peut être pas encore réalisé l'étendue des dégâts.
Nous serons bientôt en pénurie de gynécos. Et ça c'est le drame. Messieurs les ministres de la santé (enfin je dis eux, mais je sais pas trop qui est responsable de ça, en tout cas c'est des mecs, ça c'est évident) ont jugé que les gynécos étaient inutiles, et dans 10-15 ans il n'y en aura plus. Parce qu'il n'y en a pas de nouveaux qui ont été formés. Ce qui voudra dire que les femmes devront aller à l'hosto, voir des pseudo-gynécos qui voient des femmes à la chaîne et cette relation privilégiée gynéco-patient n'existera plus. Ce sera plusse qu'une contrainte d'aller chez le gynéco. Je sais pas pour vous, mais moi j'ai une gynéco sensationnelle à l'écoute, qui ne fait pas de forcing, attentive à souhait.
Comme dit maman Mona, de nombreuses femmes arrêteront d'aller consulter, et il y aura une recrue d'essence de cancers mal placés qui auraient pu être évités dans le cas contraire. Et là les gynécos réapparaîtront, mais ce sera trop tard. Et ayant testé les gynécos dans les hôpitaux, je peux vous affirmer que quand la mienne sera à la retraite, c'est pas tous les 6 mois que je ferrai un contrôle... C'est con à dire, quand même.
Enfin, je parle des gynécos, mais c'est tous les médecins. Ils ne forment plus que des médecins-chirurgiens, et plus de spécialistes. Finis les ORL, dermato, gynéco etc... ce sera le généraliste qui fera tout...
Je veux dire, c'est un drame. Mais pour les gynécos, c'est plus qu'une abération, là.
C'était mon coup de gueule du soir, au milieu d'une exorcisation, et aussi un profond soupir de soupiration pour les années à venir...
Hop, si vous voulez vous documenter, y'a ça qui est pas mal. Mais je vous force pas, hein!
(Et mon billet se passera d'illustration pour une fois, remerciez-moi! J'aurais pu trouver, rien qu'à taper "bartholinite" dans Google, ça donne des frissons dans le dos!)
Le mercredi 29 août 2007 à 9:05, par c6L :
Aie. Pour l'oppération à deux jours du bac et pour le manque évident de gynécos.
Et o_0 pour la "recrue d'essence"... C'est drôle. [fait exprès?]
Le mercredi 29 août 2007 à 11:21, par Thinredline :
Le manque de respect pour le patient de la part du personnel médical est quelque chose d'assez effrayant. Pour payer mes études (ou plutôt toutes les conneries que j'achète pendant mon année universitaire), je travaille en tant qu'agent hospitalier dans une maison de retraite médicalisée (maman Thinredline y bosse aussi, mais pas dans le même service). C'est toujours dingue de voir des gens qui se sont engagé dans le domaine médical piétiner tout ce qu'on leur apprend à l'école.
Un soir ou je servais le repas à mes patients en salle à manger, une espèce de grosse vache d'infirmière intérimaire arrive en gueulant "Ouais ils sont chiants, ils sont pas là haut on m'a dit qu'ils sont ici", je lui demande poliement de se calmer et lui indique ou se trouvent les patients qu'elle recherche. et là au lieu des les emmener dans la cabinet de toilettes pour prodiguer ses soins (ce que l'autre infirmière fait systématiquement), elle leur fait leur insuline à table, devant les autres, en pestant... Autant dire que mes patients étaient un peu flippés à l'idée de prendre leur médocs :x
Celà fait trois ans que je travaille règulièrement dans cet hôpital, et on m'a toujours appris à respecter le patient avant tout. Dans les CHU, les médecins correctes demandent à leurs patients s'ils peuvent les présenter à leurs étudiants, ou du moins leur en parlent avant... Malheureusement pour beaucoup le savoir vivre et le respect du patient ne sont de vagues notions que leur titulaire leur a peut être expliqué en internat... :-\
...et puis les gynécos c'est des salauds, comme les dentistes !
Le samedi 01 septembre 2007 à 14:43, par Aleks :
Oh mon dieu... j'ai osé taper bartholinite dans Google... j'crois que j'me sens pas bien...
N'empêche, avant d'aller vomir mon déjeuner, je tiens quand même à te dire que... ouah, vraiment, t'as pas de chance... tu tombes sur des... médecins manquant de tact (politesse, toujours), tu vis une horreur, et tout ça la veille du bac... Le pied !
Le lundi 03 septembre 2007 à 19:08, par Pauline :
Bon, bah, comme tu veux pas de commentaire sur ton dernier article, en voici un ici! Je viens de relire tous tes articles des trois derniers mois :) çà en fait des choses...Je ne sais même pas par où commencer...Peut-être juste par : "c'est cool, j'ai de nouveau accès à un ordi quotidiennement! Je vais lire du Mona plus souvent!"^^....
J'aime bien mon gynéco. Et pas les hôpitaux. Et pas les bacs français: moi aussi j'ai eu droit à des trucs chouettes tout plein d'hémorragies!
Mon papa il est dentiste.
C'est la dernière ligne! Groumph!
Le lundi 03 septembre 2007 à 23:21, par Mona :
c6L -> Euh... drôle?!
Thinredline -> Comment ça, t'as déjà testé les gynécos?! Nous aurais-tu caché quelque chose? :p
Aleks -> Non, mais les images sur Google, c'est de l'extrême... Rassure-toi, ce n'était pas à ce point!
Pauline -> Contente de te revoir par ici :)
Par Mona, Mercredi 29 Aout 2007 à 01:16 GMT+1 dans Exorcisations (article, RSS)












