C'était il y a 5 ans
[Vieilleries]
Suite à mes nouvelles bonnes résolutions, qui consistent plus ou moins à voir tout du bon côté (et parallèlement à ne pas poster d'articles déprimants..!), j'ai décidé de me lancer dans une démarche qui trainait sur ma balance des "je le fais ou je le fais pas?".Petit retour arrière.
J'avais évoqué dans le premier article de ce blog une certaine personne qui un jour aurait pu se vanter de connaître tout de moi. Il y a presque 5 ans, le 29 mai 2002, en ce temps où je découvrais plus ou moins les joies d'internet, j'étais allée sur un tchat quelconque (club-internet je crois), pasque quand même, c'est fun de raconter une vie qu'on n'a pas et de parler à des inconnus (ahem). Bref, donc, je ne sais pas comment c'est arrivé, je ne sais pas comment on est arrivé à se parler, mais c'est à ce moment que j'ai "rencontré" un certain Triton. Un nom à coucher dehors. Je lui avais laissé mon adresse mail à la fin de la discussion comme je le faisais souvent. Ca n'avançait à rien.
Quelques jours plus tard, je reçus un mail de sa part. Un long mail de 4 pages comme je n'en avais jamais eu. Un mail que j'ai lu, relu, re-relu, imprimé, relu etc... Un mail d'un mec qui changeait de l'ordinaire. Il avait été intrigué par mon adresse mail (bizarre à l'époque, j'en conviens), et ne voulait pas croire que c'était une vraie adresse. Il avait juste écrit, parlé de lui, juste pour se confier. Un mail que j'avais reçu, auquel j'avais répondu. Un mail qui marquait le début d'une longue correspondance (et aussi, l'arrêt de mes visites sur les tchats). J'avais rétabli les vérités aux mensonges que j'avais pu énoncer sur le tchat. J'avais envie d'être sincère et de lui faire confiance. Malgré notre différence d'age (moi 16 et lui 23... peut être de là que vient ma préférence pour les vieux, qui sait?), on avait développé une sorte de complicité. Au fur et à mesure du temps, il était devenu mon confident et j'étais la sienne. C'était mon psy, mon journal intime vivant. On a vécu une relation unique. Je me souviens la joie que j'éprouvais quand je recevais un mail de lui en rentrant le soir. J'imprimais tous ses mails pour les relire quand je ne me sentais pas bien (parenthèse : ils ont été noyés dans l'inondation, mais heureusement plus ou moins protégés par les pochettes plastiques de mon porte-vues). Je ne savais même pas à quoi il ressemblait, je connaissais juste sa vie. Il était étudiant en médecine à l'époque, et après enquête (ben vi, quand même!), je voyais qu'il ne me mentait pas. J'aurais pu le rencontrer, il habitait Paris. Mais je ne l'ai jamais fait. On avait une relation typiquement épistolaire.
Et puis, peu à peu, nos mails se sont distancés, jusqu'à une cassure nette. Je l'avais relancé plusieurs fois, mais rien de conséquent. Et il y a deux ans (je crois), j'ai finalement laissé tomber. Je sais qu'à un moment, j'ai merdé. Mais je ne pense pas que ce soit ça qui soit lié à notre "rupture". Rien ne sert de vivre avec des remords de toute façon...
Hier soir, alors que je guettais ma boîte mail dans l'espoir de recevoir les mails tant attendus (toujours pas arrivés soit dit en passant... et ça m'empêche d'aller de l'avant), je ne sais pas pourquoi, j'ai commencé à lui rédiger un mail. Et je l'ai posté. Comme ça, pour voir. Je n'ai jamais réussi à l'oublier, et je ne m'étais toujours pas fait à l'idée que ça devait se terminer comme ça.
Ce matin, j'ai reçu une réponse. Bizarrement, il me parle comme s'il n'y avait jamais eu de coupures entre nous. C'est un ton bizarrement neutre. J'espérais peut-être qu'il énonce une certaine joie à recevoir un mail de ma part. Bizarrement aussi, je n'ai pas trouvé le soulagement que j'espérais à recevoir ce mail. Peut-être que c'est parce que je vois qu'il n'a plus besoin de moi ; peut être parce que j'avais quand même commencé mon "deuil" ou que je m'attendais à ce qu'il me réponde effectivement (quand à savoir si ça va durer...). Mais je lui répondrai quand même. De toute façon, il ne peut plus m'atteindre, j'ai déjà donné ma dose de souffrance à cause de ça et je suis déjà préparée psychologiquement à ce que ça puisse se terminer du jour au lendemain.
« Salut!
Juste un mail rapide entre 2 blocs... ( oui c'est vrai ça fait un peu je me la pète, mais bon...)
Des nouvelles...
Rentré depuis un an de mon voyage de 6 mois en Amérique du sud, j'ai retrouvé les blocs opératoires lyonnais. 6 mois de chirurgie du rachis, et 6 mois de genou ligamentaire. Et maintenant 6 mois de chirurgie viscérale, un passage obligé où je m'amuse nettement moins...
Sinon je m'occupe de la vie de l'internat, j'organise les soirées pour internes et chefs de clinique. Ca prend pas mal de temps.
Sinon je vais déménager pour m'installer avec ma copine dans un magnifique appart dans le centre de Lyon. Le bonheur.
Des nouvelles yen a plein plein plein, ma soeur s'est pacsée, ma vie s'est rangée, les amis changent, plus ou moins malgré moi, voilà...
Je ne sais plus du tout à combien de temps remonte notre dernier mail, c'est dur de faire le point du coup.
Bien sur que je pense à toi par moments, j'ai parlé de toi à ma copine pas plus tard qu'il y a 2 semaines, et j'ai rangé mon bureau où j'ai retrouvé le plemier mail que tu m'avais écrit, que j'avais imprimé...
N'hésite pas à me répondre en développant un peu plus ta vie, c'est vrai que quand même elle est assez unique notre " relation", et c'est plutôt marrant.
Voilà, à bientôt, je vais aider le Professeur (!) à planter des électrodes dans l'anus d'une pauvre dame incontinente... La belle vie quoi!!
Je t'embrasse,
Franck ( ou le Triton, surnom bien mystérieux, je ne me souviens absolument pas d'où il vient!!) »
Voilà où j'en suis maintenant. Dois-je lui parler de ma vie tristement pathétique? De mon état de semie-survie?
A suivre...
[Commentaires]
Le mercredi 23 mai 2007 à 14:06, par Pauline :
je suis tombée par hasard sur ton blog, et je me suis "p'tain, v lâcher un com'zz koi c trop d'la balle". Euh non, en vrai, j'ai été intriguée par ce titre sur les 5 ans. Moi aussi j'ai eu un évènement particulier il ya 5 ans pile poil. Et surtout, surtout, en relisant tous tes articles (oui oui! Tous!), j'ai l'impression de me lire...il y a cinq ans. Voilou, si tu as envie...écris moi! Ca sera avec plaisir. Le mot de la fin? Ma citation fétiche "Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant". Biz.
Par Mona, Mercredi 23 Mai 2007 à 13:22 GMT+1 dans Exorcisations (article, RSS)












