Exorciser mes vieux démons...

Je me suis complètement plantée

Depuis hier, ma poubelle se remplit à nouveau de mouchoirs, non parce que j'ai attrapé encore un rhume (j'ose espérer quand même que mon corps s'est fourni en anticorps, après deux grippes en si peu de temps...), mais pasque mes yeux ont à nouveau pris une jolie teinte rouge de droguée qui a pas dormi depuis un mois et qui pleure comme une baleine.

Mal nécessaire et inéluctable, depuis le temps que je jouais avec le feu, on pourra dire que quelque part, je l'ai bien cherché. J'aurais préféré une prise de conscience un peu moins brutale, le découvrir de manière plus subtile et autrement qu'avec un énième truc qui me tombe comme une masse sur le moral.

Le fait est qu'en cherchant un groupe de soutien ou une autre connerie du genre pour expier ces vieux démons qui s'entassent dans ma pauvre carcasse, je suis tombée sur un truc qui m'a fait réaliser que j'avais toujours eu faux. Je croyais avoir compris d'où venait tout ce mal-être et ces psychoses dans ma tête, alors qu'en fait, il y avait une explication encore plus primitive et qui ma foi explique un peu 90% de tout et ce que je croyais être source de tous mes maux.

Je fais donc partie de ces 10% de gens qui ont des troubles de la personnalité.

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Je hais les dentistes

 
Après cinq ans à éviter les fraiseuses, les perceuses et autres trucs qui font qu'on tombe évanoui avant même d'entendre leur doux vrombissement, je me suis résignée à contre-coeur à aller voir un dentiste. C'était un cas de force majeure, je m'étais décollée une tellement grosse quantité de tartre en bouffant un morceau de pain, que j'ai cru que je m'étais cassé deux dents. Après avoir tant bien que mal calé un miroir à l'intérieur de ma bouche, j'ai vu que effectivement, c'était plus possible de vivre avec une couche de 1cm de tartre.
 
Je suis donc allée chez la dentiste de ma cousine. Je vous épargnerai les gros instants de solitudes avec ma non expérimentation des lieux médicaux, et de ma non compréhension de ce qu'on me disait avec ce fichu masque respiratoire qui cachait la bouche et m'empêchait donc de lire sur les lèvres.
 
J'ai donc subi un bon détartrage (c'est fou, j'ai toujours cru que les dents à l'arrière étaient juste une plaque lisse et régulière, alors que non, y'a des creux entre les dents), et une radio "pour un petit contrôle" qu'elle me fait la dentiste.

...
 
J'ai quatre caries. Localisées à droites, dont deux sur les dents de sagesse.
 
J'ai souffert le martyr.
 
Mon portefeuille s'est délesté de 106€ et des brouettes.
 
Le tout à renouveler la semaine prochaine. 
 
Ca m'apprendra à me laver les dents qu'une fois par jour, à me foutre des dents de maman Mona (dont les dents saines doivent se compter sur les doigts d'une main), et à compter sur les gènes de la dentition de papa Mona qui ne souffre pas du gène des dents pourries.
 
Je hais les dentistes.

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Aujourd'hui, j'ai failli mourir.

Trois fois.

Ca a commencé ce matin. J'étais tranquillement en train de maquiller Oscar notre crâne anatomique au lieu de bosser et de sculpter un futur masque de déterré vif, quand j'ai soudainement été perturbée par des bruits gutturaux. J'ai donc levé la tête.

Effroi, enfer et damnation!

Je me suis retrouvée nez à nez avec un truc ensanglanté aux pupilles dilatées, qui fleurait bon la décomposition, et qui avait l'air de sortir tout droit d'un caveau centenaire. Je me suis levée, effrayée (c'est vrai en plus, il faisait grave flipper), j'ai saisi la première chose qui me tombait sous la main (une bombe de latex) et j'ai fait un geste genre "arrière Satan, m'approche pas!".

Vous pensez bien que, naturellement, il n'en fut rien, et il a commencé à avancer vers moi avec une démarche de grand-mère et en ouvrant la bouche d'une manière fort peu polie et en dégageant une bonne odeur que même un dentiste il tomberait comme une mouche.

Et il m'a poursuivi, tout là-haut dans le grenier (ouais, on a un grenier dans l'école, j'ose pas imaginer à quoi il servait dans un autre temps, mais vu l'état de délabrement, j'imagine bien une salle de torture). Ca court vite un zombie, mine de rien. Il s'avançait, en crabe, en claquant des dents. J'ai donc saisi mon appareil photo et je l'ai aveuglé avec mon flash avant de repartir fissa dans ma salle.

Je sais pas ce qu'il est devenu. Il a du se faire démaquiller zigouiller par quelqu'un de moins mauviette que moi.

La deuxième fois, ce fut à la piscine. Pas de zombies, cette fois-ci (juste des gens avec des yeux rougis par l'eau de javel), mais des z'abritusses qui savent pas nager. J'étais tranquillement en train de faire mes petites longueurs, quand j'ai soudainement été perturbée dans ma respiration par une grosse vague dans la gueule. Je me suis mise à cracher mes poumons, tentant désespérément de ne pas perdre pied. Même pas de beau maître nageur pour me secourir.

J'ai regagné, tant bien que mal, le rebord de la piscine, et j'ai zyeuté l'andouille avec sa planche qui ferait mieux de prendre des cours de natation plutôt que d'emmerder les honnêtes nageurs innocents.

Je sais pas ce qu'il est devenu. J'ai voulu le couler, à un moment donné, mais je crois qu'il avait bien repéré mon manège et a fait exprès de s'éloigner le plus possible de moi. Peut-être que finalement, y'avait quand même un beau maître nageur qui avait repéré sa tentative d'assassinat et s'était occupé de me venger.

La troisième fois s'est passée le soir sur mon vélo. Avec amour, j'avais pris le temps d'accrocher mon panier de mémère à l'avant (mais tellement pratique), de mettre mes deux loupiotes et de revêtir cet horrible gilet jaune fluo que même ça va avec rien qu'il a dit.

Parée donc, au décollage. Ce fut sans compter sur mon guidon rebelle qui s'est tordu et je me suis lamentablement viandée contre le mur. Je me suis étalée comme une grosse merde, limite y'avait mon empreinte marquée sur mon obstacle d'infortune. Sous le regard hilare de gros couillons (vous savez, le genre "je pose ma casquette sur la tête, mais non, j'ai pas l'air con du tout") qui, au lieu de s'enquérir de ma santé, se sont foutus de ma gueule et de ma perte de contrôle particulièrement remarquée. Si mon magnifique gilet jaune n'avait pas démotivé un quelconque beau mec, je pense que ma gamelle lui a fait faire demi-tour.

Je suis donc retournée chez moi, pedibus put jambis. J'ai monté mes quatre étages pour aller chercher des clefs pour resserrer mon guidon. Je suis à nouveau remontée à mon quatrième étage parce que j'avais pas pris les bonnes. C'est donc complètement naze que j'ai réenfourché mon vélo, fonçant à travers les voitures, les trams et les piétons (dont un que j'ai traité de connard parce qu'il a déboulé juste devant moi et que j'ai du piler) (je suis vulgaire, parfois), risquant de me faire renverser au moins un millier de fois.

Je sais pas ce que les weshs sont devenus. J'espère secrètement qu'ils se sont fait renverser par un vélo.

Demain, je reste chez moi.



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Se contenter de fabriquer des zombies. Pas en devenir un.

Cinq mois.
C'est le temps qu'il m'a fallu en Irlande pour tomber malade. Malgré la pluie, le vent, le temps de merde et les changements climatiques aussi fréquents que les retards du RER, il m'a quand même fallu cinq mois pour attraper un rhume d'enfer. J'me souviens, j'étais allée à Cork avec ma cousine. J'avais été malade tout le WE et j'avais fait chier tout le dortoir de l'auberge de jeunesse avec mes bruits de trompette, mes toussotements intempestifs et les bonnes odeurs d'inhalation à l'eucalyptus.

De retour sur Paris, j'ai eu beau me balader dans les métros puant la pisse, prendre des rames de RER infestées de gens contaminés par la grippe A, m'asseoir sur des sièges souillés d'urine, de poils de rats (sic) et autres particules non identifiées (ou plus exactement qu'il est préférable de ne pas connaître), me balader en respirant la bonne pollution, manger des kebabs pas très frais... je n'ai pas réussi à attraper le moindre petit microbe. Rien, nada.

Et puis là, ça fait une semaine que je suis à Strasbourg. Il fait plus ou moins beau, mes voisins n'ont pas l'air de gros crasseux microbolants, et les trams sont tellement immaculés par rapport aux bus parisiens qu'on croirait qu'ils ont reçu la visite de Mr Propre.
Une semaine, donc, et je suis en train d'user mon gros paquet de 100 mouchoirs Auchan, initialement prévus pour faire des mains de zombies osseuses. Une semaine, et j'ai un pif rouge d'alcoolo, des yeux rouges de droguée, des cernes noires d'insomniaque (mais en pire que d'habitude, c'est dire), et tout un tas de pschitt pour le nez et la gorge qui traînent sur ma table de nuit.

J'en suis donc tout naturellement venue à la conclusion que je suis allergique à ce qui n'est pas parisien. Les bonnes odeurs de pots d'échappement, de clodos dans le métro et de vomi post-fiesta semblent manquer à mon organisme qui n'accepte pas un monde plus aseptisé.

Ou alors je me suis trop shootée avec mes produits de zombifications/brûlures/suicidés/écorchés/gangrénés.

Quoiqu'il en soit, je vais laisser courir un peu. Que mes yeux et mon nez soient encore plus rouges et mes cernes encore plus accentuées. Comme ça, j'aurai même pas besoin d'utiliser de latex pour me zombifier, et j'aurai la palme du maquillage le plus réussi et le plus naturel.

Sur ce, je retourne dans ma tombe avec lenteur et en lâchant des bruits gutturaux de ma bouche ensanglantée m'en vais au dodo avec entrain et en reniflant toute la morve qui est en train de me couler sur les lèvres.

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Yummy!

"J'ai faim."

C'est la réflexion que je me suis faite ce matin vers 10H, alors que je m'étais levée à l'aube et que j'avais filé à l'école avec juste un verre de jus d'orange pressées dans mon estomac.

Et puis mon prof a débarqué. En nous montrant son poignet entaillé avec du sang qui dégouline. J'ai beau savoir que c'est de la plasto-nat et du faux-sang, j'ai eu un semblant d'envie de gerber. Et un appétit coupé. Comme quoi c'était bien fait.

Et puis on s'est mis à fabriquer des mains cramées. C'était pas tellement réaliste, je crois que j'en ai un peu trop rajouté, et leur aspect de bonnes pizzas à la tomate m'a redonné un semblant d'appétit.

Je fais les études à la fois les plus gerbantes du monde, mais aussi les plus chouettes.

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