Trois fois.
Ca a commencé ce matin. J'étais tranquillement en train de maquiller Oscar notre crâne anatomique au lieu de bosser et de sculpter un futur masque de déterré vif, quand j'ai soudainement été perturbée par des bruits gutturaux. J'ai donc levé la tête.
Effroi, enfer et damnation!
Je me suis retrouvée nez à nez avec un truc ensanglanté aux pupilles dilatées, qui fleurait bon la décomposition, et qui avait l'air de sortir tout droit d'un caveau centenaire. Je me suis levée, effrayée (c'est vrai en plus, il faisait grave flipper), j'ai saisi la première chose qui me tombait sous la main (une bombe de latex) et j'ai fait un geste genre "arrière Satan, m'approche pas!".
Vous pensez bien que, naturellement, il n'en fut rien, et il a commencé à avancer vers moi avec une démarche de grand-mère et en ouvrant la bouche d'une manière fort peu polie et en dégageant une bonne odeur que même un dentiste il tomberait comme une mouche.
Et il m'a poursuivi, tout là-haut dans le grenier (ouais, on a un grenier dans l'école, j'ose pas imaginer à quoi il servait dans un autre temps, mais vu l'état de délabrement, j'imagine bien une salle de torture). Ca court vite un zombie, mine de rien. Il s'avançait, en crabe, en claquant des dents. J'ai donc saisi mon appareil photo et je l'ai aveuglé avec mon flash avant de repartir fissa dans ma salle.
Je sais pas ce qu'il est devenu. Il a du se faire démaquiller zigouiller par quelqu'un de moins mauviette que moi.
La deuxième fois, ce fut à la piscine. Pas de zombies, cette fois-ci (juste des gens avec des yeux rougis par l'eau de javel), mais des z'abritusses qui savent pas nager. J'étais tranquillement en train de faire mes petites longueurs, quand j'ai soudainement été perturbée dans ma respiration par une grosse vague dans la gueule. Je me suis mise à cracher mes poumons, tentant désespérément de ne pas perdre pied. Même pas de beau maître nageur pour me secourir.
J'ai regagné, tant bien que mal, le rebord de la piscine, et j'ai zyeuté l'andouille avec sa planche qui ferait mieux de prendre des cours de natation plutôt que d'emmerder les honnêtes nageurs innocents.
Je sais pas ce qu'il est devenu. J'ai voulu le couler, à un moment donné, mais je crois qu'il avait bien repéré mon manège et a fait exprès de s'éloigner le plus possible de moi. Peut-être que finalement, y'avait quand même un beau maître nageur qui avait repéré sa tentative d'assassinat et s'était occupé de me venger.
La troisième fois s'est passée le soir sur mon vélo. Avec amour, j'avais pris le temps d'accrocher mon panier de mémère à l'avant (mais tellement pratique), de mettre mes deux loupiotes et de revêtir cet horrible gilet jaune fluo que même ça va avec rien qu'il a dit.
Parée donc, au décollage. Ce fut sans compter sur mon guidon rebelle qui s'est tordu et je me suis lamentablement viandée contre le mur. Je me suis étalée comme une grosse merde, limite y'avait mon empreinte marquée sur mon obstacle d'infortune. Sous le regard hilare de gros couillons (vous savez, le genre "je pose ma casquette sur la tête, mais non, j'ai pas l'air con du tout") qui, au lieu de s'enquérir de ma santé, se sont foutus de ma gueule et de ma perte de contrôle particulièrement remarquée. Si mon magnifique gilet jaune n'avait pas démotivé un quelconque beau mec, je pense que ma gamelle lui a fait faire demi-tour.
Je suis donc retournée chez moi, pedibus put jambis. J'ai monté mes quatre étages pour aller chercher des clefs pour resserrer mon guidon. Je suis à nouveau remontée à mon quatrième étage parce que j'avais pas pris les bonnes. C'est donc complètement naze que j'ai réenfourché mon vélo, fonçant à travers les voitures, les trams et les piétons (dont un que j'ai traité de connard parce qu'il a déboulé juste devant moi et que j'ai du piler) (je suis vulgaire, parfois), risquant de me faire renverser au moins un millier de fois.
Je sais pas ce que les weshs sont devenus. J'espère secrètement qu'ils se sont fait renverser par un vélo.
Demain, je reste chez moi.
